Élection du président chilien : nouvel espoir pour les peuples indigènes


Vent de fraîcheur sur l’Amérique du Sud ! Gabriel Boric a été élu président du Chili vendredi 11 mars 2022. À seulement 36 ans, le plus jeune président chilien de l’histoire veut donner un nouveau souffle au gouvernement, avec une politique prenant en compte les enjeux environnementaux d’aujourd’hui, ainsi que les droits des peuples indigènes. Son administration supervisera la tenue d’un référendum sur la nouvelle constitution chilienne, qu’une Assemblée constituante élue est en train de réécrire pour remplacer la Magna Carta, mise en place par la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990).


Le président chilien, Gabriel Boric et la première dame, entourés des doléances et des vœux offerts par les représentants indigènes. © Sebastián Rodríguez, Service de presse de la Présidence de la République du Chili

Élection du président chilien - nouvel espoir pour les peuples indigènes

Une nouvelle conception du territoire comme plurinational

 

Dès son premier jour de mandat, Gabriel Boric, accompagné de la première dame, Irina Karamanos, ont participé à une cérémonie privée au palais présidentiel de La Moneda, qui rassemblait les représentants des 7 peuples indigènes du  Chili : Yagan, Lican Antai, Mapuche Pewenche, Rapa Nui, Mapuche Lafkenche, Diaguita et Mapuche Füta Warria. Dans un communiqué, la présidence a indiqué que « cette cérémonie multiculturelle s’inscrit dans une nouvelle conception du territoire comme plurinational où le respect, le dialogue et la participation seront mis en avant ». 

La porte-parole du gouvernement, Camila Vallejo, a précisé que « les premières nations ont été accueillies au palais de La Moneda et elles ont transmis leurs doléances et leurs vœux au Président. Nous avons voulu faire cela car nous devons reconnaître et valoriser toutes les croyances”.

Après la cérémonie, le jeune président a souligné la nécessité de réaliser  un « travail interculturel », qui favorise les relations entre les peuples indigènes et le gouvernement chilien. Pour lui, ce sont les bases vitales pour la « construction d’un Chili juste et digne  », selon ses mots publiés sur son compte Twitter.

 

La communauté indigène se réjouit de cette nouvelle ère qui s’annonce, après tant d’années sous des présidents conservateurs largement partisans de la dictature des années 70-90. Après le départ de son prédécesseur d’extrême-droite, Sebastián Piñera, l’élection du gauchiste Gabriel Boric est perçu comme un renouveau pour tous les citoyens chiliens, et en particulier pour les populations indigènes. 

Au cours des six premiers mois de son mandat, Boric devra superviser la coordination d’un référendum sur l’adoption d’une nouvelle constitution en cours d’élaboration par une Assemblée constituante, composée de représentants citoyens élus, dont 17 sièges sont réservés aux représentants indigènes. 

Le remplacement de la constitution de 1980 de l’époque de la dictature d’Augusto Pinochet était l’une des premières revendications clés des manifestations de masse qui ont éclaté en octobre 2019 – et que Boric a soutenues. Il a promis le plein soutien de son gouvernement, tout en respectant l’autonomie de l’Assemblée constituante. La nouvelle constitution devrait produire des changements de grande envergure, y compris reconnaître le Chili en tant qu’État plurinational et renforcer la législation en termes de droits humains et de la nature.

L’espoir pour le peuple Mapuche de regagner ses terres ancestrales 

 

Le nouveau président devra notamment faire face au conflit opposant le peuple Mapuche, plus grand groupe indigène du pays, à l’État, qui dure depuis des décennies. Indigènes et entreprises agricoles et forestières se disputent des terres considérées comme ancestrales. Le peuple Mapuche revendique les terres qu’il a habité pendant des siècles avant qu’elles ne soient occupées de force par l‘État chilien à la fin du XIXe siècle, et qui appartient désormais à des groupes économiques.

Face au contexte qui y règne, entre incendie criminel et évènements qui ont coûté la vie à un grand nombre de membres de la communauté Mapuche, le Président sortant avait décidé de militariser la zone. Boric a quant à lui déclaré ne pas souhaiter poursuivre cette décision ; laissant entrevoir un espoir pour les Mapuches de regagner leurs terres. 

Planète Amazone, qui œuvre pour le droit des indigènes partout dans le monde, se réjouit de l’élection du président Gabriel Boric au Chili. Nous soutenons particulièrement les changements à venir pour les communautés indigènes chiliennes et espérons que le peuple Mapuche pourra enfin regagner ses terres ancestrales. 

Sources principales : 

La República “ Boric llama a nueva relación con pueblos indígenas” 

RTBF “Chili, le Président Boric entame son mandat en recevant les doléances des peuples autochtones”

Al Jazeera “Chile’s next president to govern historic transition” 

Rédigé par Lauryn Grenet et Sarah Price



Mis a jour le 2022-06-30 07:20:10

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