Pourquoi le cacique Raoni Metuktire doit gagner le prix Nobel de la paix


Les peuples de la forêt relancent la campagne afin que le prix Nobel de la paix soit remis au cacique Kayapó, symbole de la résistance indigène. Le résultat doit être communiqué le 9 octobre.


Raoni Metuktire à la réunion des peuples de Mebêngôkre, tenue en janvier 2020 | Midia NINJA

Le cacique Raoni Metuktire, qui a dédié sa vie à la défense de l’Amazonie et des peuples de la forêt, figure dans la liste des concurrents au prix Nobel de la paix de 2020. L’organisation doit annoncer le gagnant le 9 octobre. Dans un monde où les droits de l’Homme et des territoires subissent diverses attaques et où les Terres indigènes et les zones préservées sont constamment sous pression et menacées, les peuples de la forêt ont relancé la campagne de soutien au cacique.

Bepkrakti, plus connu sous le nom de Raoni Metuktire, est reconnu par les indigènes et les riverains comme l’un des principaux représentants de la lutte pour la préservation de la forêt et des peuples amazoniens, et a dédié son existence à la défense de la vie et des territoires de ces peuples.

Parti de son village natal Kraimopry-yaka, le cacique a fait le tour du monde en appelant à la paix. En 2019, le président français, Emmanuel Macron, a reçu le leader Kayapó dans la résidence officielle et a assuré le soutien de la France dans la lutte pour la protection de la biodiversité et pour les droits des peuples de la forêt. Cette même année, le pape François a reçu le cacique au Vatican, et a affirmé son soutien dans la lutte de Raoni contre le pillage de l’Amazonie.

Ces dernières années, Raoni a été la cible d’attaques directes de la part du président Jair Bolsonaro (sans parti), mais il a tout de même continué de répandre son message de paix, de respect, de protection des forêts et des modes de vie des peuples indigènes. A 90 ans, le cacique a survécu à trois grands défis : la mort de son épouse Bepkwyjka en juin dernier, une infection intestinale et la contamination par le Covid-19.

Les raisons pour lesquelles le cacique Raoni et toute l’histoire de son combat doivent être reconnus par le prix Nobel de la paix (#NobelDaPaz) sont nombreuses. Nous en comptons neuf que voici :

1. Raoni est l’un des plus importants chefs indigènes du Brésil ! Son parcours de lutte pour son peuple et d’autres peuples ne date pas d’hier : en 1971, il a mené la résistance contre la route BR-080 (connue aujourd’hui sous le nom de MT-322) et il est depuis toujours à la tête des combats pour la délimitation de la Terre indigène (TI) Capoto Jarina.

2. Raoni a été l’un des principaux noms impliqués dans les mobilisations des peuples indigènes en faveur des droits lors de l’Assemblée constituante (1987-88). Les discussions autour du chapitre des Indiens dans la Constitution fédérale ont bénéficié de la participation active et essentielle du cacique Kayapó.

De gauche à droite : Teseya Panará, Kanhõc Kayapó, Raoni et Tutu Pombo Kayapó au cours des négociations sur le chapitre des Indiens dans la Constitution

3. Raoni a toujours dialogué avec les dirigeants et les politiques du monde entier pour la défense de l’Amazonie (#Amazônia) et des peuples indigènes ! De Juscelino Kubitschek à l’ancien roi Léopold III de Belgique, des papes Jean-Paul II et François à Emmanuel Macron, le cacique a fait connaître la cause indigène au monde entier.

4. En 1987, Raoni a acquis la notoriété internationale en participant à la conférence d’Amnesty International, à São Paulo. Il y a obtenu le soutien du chanteur anglais Sting en faveur de l’homologation de la Terre indigène Kayapó.

Suite à la rencontre, il a fait une tournée mondiale avec Sting pour dénoncer la destruction de la forêt et l’indifférence du gouvernement brésilien vis-à-vis des autochtones. Ils se sont à nouveau rencontrés en 2017, à São Paulo.

Raoni et Sting s’unissent pour demander la délimitation des terres Kayapó, lors d’un concert organisé par Amnesty International

5. Raoni a été à la tête de diverses mobilisations contre Kararaô, l’actuel barrage hydroélectrique de Belo Monte (#BeloMonte), telles que la Première rencontre des peuples indigènes du Xingu, en 1989. En tant qu’opposant féroce, le cacique continue à dénoncer les violations des droits de l’Homme et de l’environnement provoquées par l’usine.

6. En 2001, les Kayapó, dirigés par le cacique Raoni, ont fondé l’Institut Raoni, dont la priorité était la délimitation des territoires Kayapó, victimes de menaces d’invasions.

7. Face aux attaques de Bolsonaro, le cacique Raoni a continué de répandre son message de paix, de respect et de protection des forêts et des modes de vie des peuples indigènes. « Mon combat concerne l’avenir et le présent de vous tous », a-t-il déclaré.

8. Raoni est un modèle de lutte pour son peuple et les autres peuples ! En janvier, près de 600 chefs ont répondu à l’appel du cacique et ont uni leurs voix lors de la Rencontre historique des peuples Mebêngôkre, pour la défense de la terre et des droits indigènes. « Je n’abandonnerai pas, je continuerai tant que mon corps tiendra le coup », a-t-il expliqué lors de la Rencontre des peuples Mebêngokrê. « Aussi longtemps que les indigènes seront menacés, je demanderai la paix ».

9. Raoni incarne la résistance ! Le cacique a récemment survécu à trois grands défis : la mort de son épouse, Bekwyiká, une infection intestinale et un contexte de Covid-19 (#Covid19). Aujourd’hui âgé de 90 ans, Raoni est encore solide et fort, toujours à la recherche de la paix !


Institut socioambiental (ISA), Victória Martins et Silia Moan



Mis a jour le 2020-10-05 23:14:32

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