Près de 600 enfants Yanomami décédés durant le mandat de Bolsonaro


Le peuple Yanomami lutte depuis des décennies pour sa survie. Ses représentants déploient des efforts soutenus pour faire connaître leur culture et leur situation dramatique au monde entier. Le grand chef Davi Kopenawa, avec qui Planète Amazone a collaboré à de nombreuses reprises, est l’un d’eux. Il fait partie des membres fondateurs de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature, que Planète Amazone a lancée avec le cacique Raoni lors de la COP 21. La défense des peuples indigènes, et du peuple Yanomami en particulier, sont au cœur de nos préoccupations et de notre engagement. Et notre film Amazonie, Coeur de la Terre Mère, qui sortira en avril prochain, porte leur voix.

Les Yanomami constituent le plus grand peuple vivant de façon relativement isolée en Amérique du Sud. Ils vivent dans la forêt tropicale et les montagnes situées au nord du Brésil et au sud du Venezuela. Aujourd’hui, ils sont frappés par la malnutrition et les maladies. Samedi 21 janvier, le président Lula s’est rendu dans l’État de Roraima au nord de l’Amazonie pour apporter l’aide et le soutien de son gouvernement.


Un Yanomami soufflant la fumée dans les narines du chaman. Carsten ten Brink Flickr (CC BY 2.0)

Dans le territoire indigène Yanomami, dans le nord du Brésil, une centaine d’enfants de moins de cinq ans sont morts en 2022 et au moins 570 durant ces quatre dernières années, tous victimes de malnutrition, de pneumonie, de paludisme et autres infections. Le président Jair Bolsonaro, qui a encouragé durant tout son mandat l’exploitation des ressources des terres indigènes protégées, est directement responsable de cette tragique situation.

 

Ruée vers l’or et génocide : une longue histoire en terres Yanomami

Dès les années 1980, les Yanomami subirent des invasions de leur territoire par plus de 40.000 orpailleurs brésiliens. Ces chercheurs d’or commirent des meurtres, détruisirent de nombreux villages et répandirent des maladies contre lesquelles les Yanomami ne possédaient aucune résistance immunitaire. En l’espace de sept ans, 20 % d’entre eux avaient disparu.

Au terme d’une longue campagne menée par Davi Kopenawa, grand chef Yanomami, Survival, et l’ONG Commission pro-yanomami (CCPY), leur territoire fut finalement démarqué en 1992, et les travailleurs miniers furent expulsés.

Mais les orpailleurs revinrent rapidement dans la région. Et des milliers travaillent encore illégalement sur le territoire yanomami. Ils véhiculent des maladies telles que le paludisme et la rougeole, mortelles pour les indigènes, et polluent les rivières et la forêt avec le mercure utilisé pour amalgamer l’or. Certains indigènes vivant dans des communautés proches d’une zone minière présentent en effet des taux dangereusement élevés de mercure dans leur corps. 

De plus, des éleveurs en mal de terres envahissent et rasent la forêt tropicale, privant les Yanomami de leurs moyens naturels de subsistance car ils se nourrissent en grande partie du produit de la chasse, de la pêche et de la cueillette.

Aujourd’hui, ce peuple se bat encore pour que le gouvernement les protège des invasions criminelles, des attaques et des maladies. Car la cause principale de cette situation tragique, outre la négligence du gouvernement précédent, est l’invasion de leurs terres par 20 000 prospecteurs illégaux dont la présence a été encouragée par l’ancien président. 

Face à cette crise humanitaire, des mesures fortes et immédiates

Le président Lula s’est rendu samedi 21 janvier sur place avec la ministre des peuples indigènes, Sonia Guajajara pour apporter son soutien et des solutions face à cette situation qu’il qualifie “d’inhumaine”. Pour la ministre, il s’agit d’un véritable génocide. 

En outre, le Président Lula a décrété en urgence la création d’un comité national de coordination de tous les ministères concernés, afin de répondre aux besoins immédiats et développer un programme de santé et d’éducation .  

Nous n’abandonnerons pas les peuples indigènes ! ” a-t-il déclaré. 

Depuis son entrée en fonction, Lula a déjà mis fin aux autorisations d’exploitation minière en territoire indigène décrétées par le gouvernement précédent. Il a par ailleurs entamé une véritable politique visant à garantir l’application des droits des peuples indigènes, qui ne sont aujourd’hui pas respectés. 

La préservation des terres indigène n’est pas une question d’esthétique ou bien  de compassion pour les peuples autochtones.  C’est une question fondamentale de survie pour toute la civilisation humaine. Rappelons que le chef Raoni Metuktire a déposé plainte contre Jair Bolsonaro devant la Cour pénale internationale, l’accusant  de crimes contre l’humanité. 


Sources :

Survival : “Exploitation minière, élevage et manque de soins menacent les Yanomami”

France info : “Au Brésil, l’État veut autoriser l’exploitation des ressources naturelles”

Agência Brasil: “Lula vai a Roraima ver situação dos Yanomami”


Article écrit par Laetitia Forestier pour Planète Amazone.



Mis a jour le 2023-01-14 14:12:08

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