Interview de Valérie Cabanes par “Reporterre” : Planète Amazone demande un droit de vérité


La juriste et essayiste Valérie Cabanes, qui a contribué à la médiatisation du concept d’écocide en France, a donné récemment une longue interview filmée au site “Reporterre”, dans laquelle elle relate certains faits de façon inexacte et parfois mensongère. 


La vidéo de l’interview de Valérie Cabanes pour laquelle Planète Amazone demande un droit de vérité a été postée sur le compte youtube de Reporterre et est accompagnée d’un article publié le 10 février 2020.

La juriste et essayiste Valérie Cabanes, qui a contribué à la médiatisation du concept d’écocide en France, a donné récemment une longue interview filmée au site “Reporterre”, dans laquelle elle relate certains faits de façon inexacte et parfois mensongère.  Alertée, la rédaction de “Reporterre” a tenu compte de notre demande d’amendement de l’article qui accompagnait cette interview et publié une précision à la fin de celui-ci, confirmant l’intégrité que nous lui connaissons. En toute transparence, nous publions ici de façon intégrale l’email que nous leur avons adressé le 24 mars.


Texte intégral de l’email adressé par Planète Amazone le 24 mars 2020 au rédacteur en chef de Reporterre (qui en a accusé réception) et à la rédaction

Récemment, la juriste Valérie Cabanes a été longuement interviewée par votre rédacteur en chef, Hervé Kempf. La vidéo de l’interview, postée sur le compte youtube de Reporterre, est accessible sur le site à l’adresse suivante depuis un article publié le 10 février 2020 : https://reporterre.net/VIDEO-Valerie-Cabanes-Il-faut-reconnaitre-nos-liens-d-interdependance-avec-le-reste-du.

Lors du visionnage de cette interview filmée, Planète Amazone a été ébahie de constater que Valérie Cabanes travestissait à plusieurs reprises les faits et semblait également s’octroyer la maternité unique d’un travail collectif de mobilisation contre le barrage de Belo Monte (Brésil), réalisé en réalité sous la bannière du site raoni.com, puis sous celle de notre ONG, Planète Amazone.

Voici la transcription du passage qui aborde ce sujet (lire la vidéo à partir de 22′ 05”) :

« A partir de 2011, j’ai accompagné le cacique Raoni quand le projet de barrage de Belo Monte a été relancé par Dilma Rousseff. Et donc j’ai effectivement interpellé Alstom, interpellé la France du fait que sur tous ces projets industriels à l’époque la France était encore actionnaire à 36 % d’ENGIE et j’ai accompagné le cacique Raoni au Parlement européen pour qu’il puisse exposer… j’ai parlé donc du crime d’écocide et de ce qu’il se passait en Amazonie à ce moment là auprès des Nations Unies à Genève. »

Si nous vous demandons aujourd’hui une mise à jour de votre article accompagnant votre interview de Valérie Cabanes, c’est parce que, appréciant votre media, nous estimons que la relation de faits travestis par des contrevérités et des omissions volontaires ayant pour vocation de réécrire l’Histoire sont susceptibles de nuire à votre crédibilité et à votre travail journalistique de qualité en faveur de l’écologie. Bien sûr, n’étant pas cités dans cette interview, nous ne pouvons pas prétendre à un droit de réponse, mais cela n’enlève en rien au fait que les lecteurs de Reporterre ont, quant à eu, le droit à des informations fiables et donc le droit à la vérité.

Il est vrai que nous souhaitons aussi, par cette démarche, que grâce soit rendue aux membres de notre équipe et aux bénévoles qui se sont investis durant de longues années pour tenter de faire arrêter le chantier du barrage de Belo Monte, combat malheureusement perdu.

Ainsi, en référence à la transcription de l’extrait ci-avant reproduit de votre interview de Valérie Cabanes, nous souhaitons porter à votre connaissance que :

Valérie Cabanes n’a jamais accompagné le cacique Raoni au Parlement Européen. Lorsque nous nous y sommes rendus avec lui le 11 décembre 2012, elle ne faisait pas partie de la délégation de Planète Amazone (voir ici : https://multimedia.europarl.europa.eu/de/press-conference-in-presence-of-the-amazonian-tribal-chief-raoni-on-the-urgency-for-amazon-_EP094073-V_v) ;

– si Valérie Cabanes a interpellé Alstom sur la question de Belo Monte, c’est à travers Planète Amazone (voir : http://raoni.com/actualites-198.php) ;

– si Valérie Cabanes a interpellé la France sur la question de l’implication d’entreprises françaises dans la construction de grands barrages destructeurs en Amazonie, ce fut par le biais d’un travail collectif, encore au sein de Planète Amazone (voir : http://raoni.com/actualites-342.php) ;

– si Valérie Cabanes a bien accompagné le cacique Raoni à l’ONU de Genève, ce n’était pas seule, mais auprès notamment de l’actuel président de Planète Amazone, qui le connaît depuis plus de 30 ans ; elle reconnaissait d’ailleurs l’aspect collectif de cette mission dans cet article, publié sur raoni.com : http://raoni.com/belo-monte-onu.php ; par ailleurs, comment aurait-elle pu plaider pour la reconnaissance du crime d’écocide aux côtés du cacique Raoni à l’ONU de Genève en septembre 2011, alors qu’elle n’a rejoint ce combat qu’en juin 2012, comme elle le rappelle elle-même dans l’interview qu’elle vous a accordé ?

L’usage de raccourcis et les omissions sont compréhensibles dans le cas d’interventions médiatiques courtes. L’excuse ne tient pas pour cet entretien filmé de plus d’une heure dans lequel, par ailleurs, retraçant son parcours avec moult détails, Valérie Cabanes cite un nombre important d’organismes avec lesquels elle aurait collaborée. Pas Planète Amazone…

Pour rappel, Valérie Cabanes fut en 2011 membre fondatrice de Planète Amazone, qu’elle conseilla jusqu’en 2017. Ces six années furent une expérience d’enrichissement mutuel et Planète Amazone reste reconnaissant des contributions de son ancienne collaboratrice. La preuve, nous l’avons mise à l’honneur dans notre film de cinéma Terra Libre, dont la sortie a été retardée à l’automne et dans lequel elle apparaît plusieurs fois.

Nous réagissons aujourd’hui non par colère ou amertume, mais pour empêcher que les contrevérités auxquelles vous avez donné écho ne deviennent parole d’évangile, et nous souhaitons par cette démarche rappeler que l’individualisme et la récupération sont les ennemis de la mutualisation des forces.

Fait à Paris le 24 mars 2020.

Planète Amazone

De gauche à droite Arkan Simaan, Gert-Peter Bruch, le cacique Raoni Metuktire, le prince Albert II de Monaco et Valérie Cabanes, en décembre 2015, pendant la COP21. – Photo : Planète Amazone



Mis a jour le 2020-07-25 17:35:48

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