Planète Amazone a rejoint dès 2024 la nouvelle Coalition Stop Ecocide France. Nous sommes désormais mobilisés pour obtenir, dans le courant de l’année 2026, un crime autonome d’écocide dans le droit français et sur un temps plus long son inscription au Statut de Rome. Portée avec Droits et Mouvements Sociaux et Stop Ecocide International, la première campagne de notre coalition s’appuie sur une diversité d’organisations mobilisées, parmi lesquelles Notre Affaire à Tous, BLOOM, POLLINIS, l’ASPAS, L214, Wild Legal, VERTDICT, Nature Rights et le Réseau Sortir du Nucléaire, ainsi que d’autres acteurs engagés.
Si Planète Amazone se retrouve à nouveau en première ligne de ce combat, c’est parce que la lutte pour la reconnaissance du crime d’écocide est au cœur de notre action depuis plus d’une décennie. C’est aussi parce que notre projet d’impact Amazonia, Cœur de la Terre Mère, lancé dès 2024, relie plaidoyer, cinéma, éducation et mobilisation. La campagne vise une chose très concrète : transformer une indignation partagée en levier juridique, et rendre politiquement incontournable un crime autonome d’écocide.
L’écocide ne peut pas être un délit
En France, la loi Climat et Résilience (2021) a introduit un “délit d’écocide”. Mais cette réponse a laissé un goût amer. La Convention citoyenne pour le climat voulue par Emmanuel Macron portait l’ambition d’un crime d’écocide, clairement assumé. Plusieurs participants ont ensuite dénoncé un écart entre la demande citoyenne et la version retenue, perçue comme restrictive, difficile à mobiliser et insuffisante pour prévenir l’irréversible. La coalition s’inscrit dans cette fracture : corriger le rendez-vous manqué, et donner au droit un seuil de protection à la hauteur des atteintes les plus graves.
La séquence 2024-2026 ouvre une fenêtre juridique rare. En avril 2024, l’Union européenne a adopté la directive 2024/1203 sur la protection de l’environnement par le droit pénal. Les États membres doivent la transposer avant le 21 mai 2026. Cette directive ne crée pas, à elle seule, un crime d’écocide. En revanche, elle oblige les États à renforcer leur droit pénal environnemental. Pour la coalition, c’est le moment politique pour aller plus loin : clarifier les seuils de gravité, renforcer la dissuasion, et créer un cadre cohérent qui permette, enfin, de traiter l’écocide comme un crime autonome.
Le débat est aussi international. Plusieurs États plaident pour inscrire l’écocide dans le Statut de Rome, afin qu’il devienne un crime international au même rang que les crimes les plus graves. La campagne française assume ce double horizon : faire évoluer le droit national, et soutenir une reconnaissance internationale qui rendrait l’impunité beaucoup plus coûteuse.
Notre engagement de longue date
Planète Amazone a rejoint cette nouvelle coalition avec une conviction fortement ancrée depuis le début de son engagement : sans cadre pénal clair, on accepte collectivement que l’irréversible reste négociable. Notre rôle, dans la coalition et donc dans la campagne en cours, est d’ancrer la bataille juridique dans le réel : la forêt primaire, les peuples indigènes, les territoires, et les conséquences humaines et écologiques de l’extractivisme. C’est aussi la raison pour laquelle la coalition a choisi d’ouvrir sa séquence de communication avec une prise de parole portée par Planète Amazone.
« Il est vraiment important que les citoyens se mobilisent pour la reconnaissance de ce crime. Les démarches juridiques et les décisions politiques n’avancent pas sans un soutien populaire. Aujourd’hui, chacun perçoit mieux à quel point les écosystèmes sont interconnectés. Il faut en faire une cause concrète, au quotidien, en parlant, en agissant et en demandant des comptes. »
Gert-Peter Bruch, président de Planète Amazone
Planète Amazone s’est imposée comme un acteur majeur de la lutte pour la reconnaissance du crime d’écocide. Dès janvier 2013, l’association s’engage publiquement dans les premières dynamiques de coalition appelant à criminaliser la destruction du vivant, à une époque où le terme d’“écocide” reste encore marginal dans le débat français. Ce choix n’est pas un effet de langage, mais une ligne stratégique : nommer la destruction, la qualifier, et faire progresser l’idée qu’elle doit relever du droit pénal international.
La même année, Planète Amazone franchit un cap en mobilisant des leaders indigènes emblématiques du Brésil, dont le Cacique Raoni Metuktire, afin que la défense du vivant soit portée par celles et ceux qui subissent l’extractivisme sur leurs territoires. L’écocide devient alors un message incarné, adossé à une autorité morale et à une expérience directe de la violence faite aux forêts, aux rivières et aux peuples indigènes.
En 2015, l’association fait entrer ce combat dans des séquences de visibilité et d’influence majeures. Au Sommet des Consciences, organisé au Conseil économique, social et environnemental, Planète Amazone travaille avec Valdelice Veron, porte-parole du peuple Guarani-Kaiowá, pour porter un discours frontal sur l’écocide devant des responsables politiques et des autorités morales et religieuses internationales. Puis, pendant la COP21, Planète Amazone est reçue à l’Élysée pour la remise de la première déclaration de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. À cette occasion, le Cacique Raoni Metuktire interpelle directement le président François Hollande sur la reconnaissance de l’écocide, et, fait historique à l’époque, un chef d’État prononce publiquement, dans un cadre officiel, les mots “crime d’écocide”.
Cet engagement se prolonge ensuite par une stratégie culturelle et éducative structurée. Avec Terra Libre, sorti en 2021, Planète Amazone utilise le cinéma comme levier de plaidoyer, en reliant destruction des territoires, droits des peuples indigènes et exigence de reconnaissance de l’écocide. Avec Amazonia, Cœur de la Terre Mère, l’association renforce cette dynamique : le film constitue un plaidoyer, prolongé par un projet d’impact centré sur la formation et l’éducation, où l’écocide devient un fil conducteur de compréhension, de transmission et de mobilisation.
De la campagne pionnière de 2013 aux séquences institutionnelles de 2015, puis au cinéma et à l’éducation comme outils d’impact, Planète Amazone affirme une continuité : faire reconnaître l’écocide comme un crime, et inscrire cette exigence dans le débat public, au plus haut niveau, comme dans les consciences.
Perspectives et prochaines étapes
La campagne vise un point d’inflexion en 2026. La transposition de la directive européenne obligera la France à choisir entre une mise en conformité minimale et une réforme réellement protectrice. La coalition plaide pour une transposition ambitieuse, qui clarifie les seuils de gravité, renforce la dissuasion et rende les poursuites possibles lorsque des destructions franchissent le point de non-retour.
Pour Planète Amazone, l’enjeu dépasse le texte de loi. Il s’agit de faire comprendre, largement, ce que recouvre l’écocide. Une forêt primaire n’est pas un décor. Elle structure l’eau, les sols, le climat et les cultures qui y sont liées. C’est précisément ce lien entre juridique et réel que porte le projet d’impact Amazonia, Cœur de la Terre Mère : former, transmettre, et rendre l’écocide intelligible, notamment auprès des jeunes et des publics éloignés du débat juridique.
« Les peuples indigènes nous l’ont répété, à chaque venue en Europe : le combat relie le global et le local. Protéger l’Amazonie, c’est aussi protéger nos rivières, nos zones humides, nos arbres centenaires, la qualité de l’air. Ce combat doit imprégner nos réflexes, ici, dans nos choix et dans nos territoires. »
Gert-Peter Bruch, président de Planète Amazone
Comment chacun peut-il agir ?
La Coalition Stop Ecocide France ouvre une séquence décisive : faire entrer l’écocide dans le droit comme un crime autonome, et soutenir sa reconnaissance internationale. Planète Amazone s’y engage avec une légitimité forgée depuis plus d’une décennie, aux côtés de leaders indigènes et à travers le cinéma et l’éducation. Pour peser sur 2026, la mobilisation citoyenne est déterminante. Signez la pétition et partagez-la autour de vous. Le lien figure en fin d’article.
Sources (sélection)
- Directive (UE) 2024/1203 : protéger l’environnement par le droit pénal (EUR-Lex) — https://eur-lex.europa.eu/EN/legal-content/summary/protecting-the-environment-through-criminal-law.html (EUR-Lex)
- Coalition Stop Ecocide France (présentation) — https://www.stopecocide.earth/france (Stop Ecocide International)
- Convention citoyenne pour le climat : “Légiférer sur le crime d’écocide” — https://propositions.conventioncitoyennepourleclimat.fr/objectif/legiferer-sur-le-crime-decocide/ (Convention Citoyenne pour le Climat)
- Loi Climat et Résilience (22 août 2021) — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043956924 (Légifrance)
- Pétition WeMove Europe : “Reconnaître le crime d’écocide” — https://action.wemove.eu/sign/2024-7-reconnaitre-le-crime-decocide-FR (action.wemove.eu)





