DOSSIER – S.O.S. CHEF RAONI EN DANGER : LES DESSOUS D’UNE TOURNÉE SCANDALEUSE (2/2)


L’Association Forêt Vierge de Jean-Pierre Dutilleux avait été écartée par le chef Raoni début 2012 pour l’avoir empêché de s’exprimer contre le barrage de Belo Monte, découvrez comment elle a réussi à organiser en mai 2019 sa tournée en France et dans les paradis fiscaux européens avec le soutien d’un industriel des barrages cité dans le procès de l’arnaque au CO2 et d’un cabinet d’avocats protégeant les intérêts de multinationales, grâce aux agissements illégaux d’un proche de Nicolas Dupont Aignan, le baron Henri de Gislain de Bontin, actuel vice-président de l’AFV.


Le 27 mai dernier, le pape François recevait le cacique Raoni au Vatican. Le cacique était accompagné de Jean-Pierre Dutilleux et Alexandre Bouchet. L’accompagnateur de son peuple n’étant pas présent, il n’a ainsi pas pu s’exprimer dans sa langue natale, ni bénéficier d’une traduction de qualité. Vatican Media / CPP / IPA / Catholic Press.

L’Association Forêt Vierge de Jean-Pierre Dutilleux avait été écartée par le chef Raoni début 2012 pour l’avoir empêché de s’exprimer contre le barrage de Belo Monte, découvrez comment elle a réussi à organiser en mai 2019 sa tournée en France et dans les paradis fiscaux européens avec le soutien d’un industriel des barrages cité dans le procès de l’arnaque au CO2 et d’un cabinet d’avocats protégeant les intérêts de multinationales, grâce aux agissements illégaux d’un proche de Nicolas Dupont Aignan, le baron Henri de Gislain de Bontin, actuel vice-président de l’AFV.

 

LIRE AUSSI LA 1ère PARTIE DU DOSSIER

 

Le 18 mai 2019, Planète Amazone, assumant son rôle de lanceur d’alerte, publiait le dossier «  S.O.S Chef Raoni en danger : les dessous d’une tournée scandaleuse « , se focalisant principalement sur le projet d’Institut Xingu à hauteur de 15 millions € du très controversé Jean-Pierre Dutilleux, cinéaste, écrivain, homme de réseaux belge, et surtout architecte principal de la tournée européenne 2019 du chef amazonien passée par la France, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, Monaco et le Vatican. Ce second volet fait sortir de l’ombre un autre personnage haut en couleurs, le baron Henri de Gislain de Bontin, conseiller financier ayant fait carrière dans les assurances, bras droit de Dutilleux depuis 2010 et vice-président de son Association Forêt Vierge (AFV).

 

Chef Raoni : de Dupont Aignan aux affairistes conviés par un « ami » industriel des barrages, les mauvaises rencontres de Forêt Vierge

A la mi-mai 2019, alors que le chef Raoni est attendu à Paris par trois leaders du peuple Munduruku dont leur chef suprême et une coalition internationale d’opposants au grands barrages réunis dans un événement parallèle au Congrès International de l’Hydroélectricité et une action de protestation à La Défense, l’Association Forêt Vierge, organisatrice de sa « tournée 2019 », préfère le présenter à des hommes d’affaires, loin des journalistes, sous la houlette de l’industriel de l’hydroélectricité Robert Dardanne (Voltalia) et le leader de « droite souverainiste » Nicolas Dupont-Aignan (qui s’est empressé de répandre des photos sur les réseaux sociaux). Henri de Bontin, soutien du premier cercle du politicien rêvait de mettre sur pied cette rencontre depuis des années.

Le 15 mai 2019, le cacique Raoni rencontre Nicolas Dupont-Aignan sous l’oeil de Jean-Pierre Dutilleux. Rendez-vous organisé par Henri de Bontin, vice-président de l’Association Forêt Vierge. Une belle publicité pour l’ex-allié de Marine Le Pen lors du 2e tour de l’élection présidentielle de 2017, dont l’écologie est loin d’être le sujet de prédilection.

Ce choix assumé n’est pas étonnant, Dutilleux, qui fait voyager le chef Raoni en Europe pour la sixième fois (sur dix) n’est pas un militant et Bontin se plaignait bien en 2014 devant les chefs Raoni et Megaron que Planète Amazone leur avait fait perdre une grosse donation de EDF en raison d’une publication sur Facebook accompagnée d’une photo de Megaron pointant la tour EDF. De notre point de vue, Bontin reprochait à Planète Amazone d’avoir sauvé la réputation du chef amazonien en lui évitant de devenir la victime d’une opération de greenwashing.

En 2019 en tout cas, le chef Raoni, leader historique de la lutte contre le barrage de Belo Monte, n’aura pas été entendu sur les grands barrages, alors qu’il avait l’intention de l’être, comme il s’en était confié au journal Le Monde juste avant d’arriver en France. Lors de son récent passage à Genève, une radio suisse s’est étonnée de son mutisme quand elle a essayé de le faire réagir sur les intentions inquiétantes de Bolsonaro, mettant en péril l’Amazonie et ses peuples indigènes et communautés traditionnelles. De quoi se demander si l’Association Forêt Vierge, reproduisant sa stratégie désastreuse du voyage qu’elle organisa en 2011, n’a pas une nouvelle fois mis dans la balance qu’un discours trop offensif ferait fuir « les donateurs ». Tout dépend vers qui l’on se tourne et le niveau de sincérité desdits donateurs, n’est-ce pas ?

 

Portrait du baron Henri de Gislain de Bontin, l’homme des basses besognes du « Raoni Tour 2019 »

Photo de profil facebook du baron Henri de Gislain de Bontin, gestionnaire de patrimoine, vice-président de l’Association Forêt Vierge, au 1er juin 2019.

Sans Bontin, ce « Raoni Tour 2019 » (les organisateurs avaient sérieusement fait imprimer des badges d’accès à la manière des rock stars) ponctué de rendez-vous privés avec cabinet d’avocats et cercles d’affaires et de déjeuners et diners mondains avec la jet-set, n’aurait probablement pas eu lieu. Son apothéose à lui fut l’étape lyonnaise, dont il a été le chef d’orchestre et où, avec la bénédiction de Gérard Collomb, il a pu briller en société pendant deux jours, avec de très fortes retombées médiatiques à la clé. Mais derrière la magnifique opération de communication, se cachent près de cinq ans de sombres intrigues, loin des yeux et oreilles du grand public et donc des médias. Les éléments que nous rassemblons aujourd’hui démontrent que Bontin n’a pas hésité à manipuler une leader indigène menacée de mort soutenue par Planète Amazone et Nicolas Hulot (Valdelice Veron du peuple Guarani Kaiowa), le chef Raoni lui-même (grâce à des complicités parmi ses proches) et à s’associer à des actes illégaux pour permettre le retour en grâce de Jean-Pierre Dutilleux, soupçonné d’exploiter le chef amazonien depuis plus de 40 ans et désormais épaulé par des industriels et un spécialiste des crypto-monnaies pour ce « dernier voyage », dont les projets à financer sont pour le moins flous, bancals, sinon farfelus.

L’une des toutes premières activités du cacique Raoni en Europe fut de participer à une conférence pour le cabinet d’avocats Simmons & Simmons, défendant les intérêts de multinationales de l’industrie minière, des grands barrages et du pétrole. Au premier rang des spectateurs, de profil, Robert Dardanne, co-fondateur de Voltalia et l’un des vice-présidents de l’Association Forêt Vierge.

A qui avons-nous à faire ? Agé de 53 ans, le baron Henri de Gislain de Bontin est le cadet d’une fratrie de 4 enfants (3 frères et une sœur). La famille aristocratique, qui descendrait de Saint Louis, possède un château à 20 km à l’Ouest d’Auxerre, dans le village des Ormes, situé dans le canton d’Aillant-sur-Tholon. Henri rencontre Jean-Pierre Dutilleux en 2010, au moment où celui-ci se prépare à ramener le chef Raoni en Europe, neuf ans après leur dernier voyage et une longue brouille, marquée par une plainte du chef Raoni à l’encontre de Dutilleux pour des histoires de levée de fonds auprès d’autorités européennes.

Henri de Bontin aime partager ses opinions sur les réseaux sociaux. Voici deux échantillons publiés au plus fort de la crise des gilets jaunes.

En mai 2010, Bontin obtient un chèque de sa compagnie Aviva pour le chef Raoni à travers l’Association Forêt Vierge, qu’il vient de rejoindre, et ouvre la porte du palais princier de Monaco au célèbre défenseur de la forêt amazonienne et à Dutilleux. La connexion Monaco, Henri de Bontin la tient de son aîné, Jérôme de Bontin, citoyen américain (ayant voté Trump en 2016) ayant réussi dans la finance avant d’investir dans le football (il fut notamment président de l’AS Monaco de 2008 à 2009 après en avoir été administrateur depuis 2002) et surtout ami de jeunesse du prince Albert II de Monaco (il est le parrain de son fils).

Par sa famille, Henri de Bontin a un réseau qui lui ouvre des portes et semble même l’autoriser à utiliser le nom du prince de Monaco pour des manœuvres

Séduit par Dutilleux, Henri se montre peu regardant sur le projet proposé au Prince de Monaco par Dutilleux, en présence d’un chef Raoni mal traduit : il est demandé à Albert II de participer au montage d’un fonds pour « créer » un Institut Raoni, alors qu’un organisme portant ce nom et dont le président est le chef Raoni lui-même existe déjà depuis 2001 au Brésil… Le projet de création d’un fonds n’aboutira pas, mais l’opération de communication est réussie. La tournée 2010 fait escale au château de Bontin, ou Henri présente le chef à toute la famille. A peine le chef est-il reparti que Bontin veut développer un « parfum Raoni » par l’intermédiaire de Mékarfum, société nouvellement créée et dirigée par son frère ainé Bertil et sa belle-sœur Valérie. La marque « Raoni » est déposée à ce moment par l’AFV (malgré le refus du chef) avec le concours de Caroline de Bontin, sœur de Henri et Bertil, prétendument pour « protéger le nom de Raoni ». L’AFV a été relancée plusieurs fois pour restituer la marque au chef Raoni. Jusqu’à présent ces appels sont restés lettre morte.

 

2011, Bontin sert de caution à une campagne douteuse de l’AFV où celle-ci fait taire le chef Raoni sur le barrage

Septembre 2011, Jean-Pierre Dutilleux (tenant une carte d’une partie du territoire du chef Raoni pour laquelle il réclame des fonds) et Henri de Bontin, reçus par Henri de Raincourt, alors Ministre délégué à la coopération sous la tutelle d’Alain Juppé dans le gouvernement Fillon III.

Quelques mois plus tard, Henri de Bontin sert de caution au voyage très controversé du cacique Raoni en France, organisé par l’Association Forêt Vierge en septembre 2011 (voir première partie), dont le but réel est de connecter le chef Raoni à un proche d’Henri Proglio, patron d’EDF, qui demande que silence soit fait sur le barrage de Belo Monte en échange de potentiels financements importants. A quoi pourra servir cet argent ? En tout cas pas à organiser un immense rassemblement d’opposition au barrage au Brésil, ni à réaliser la délimitation du territoire indigène de Kapot-Nhinore, comme le souhaite pourtant le chef Raoni. Dutilleux trompe son monde en affirmant qu’il suffit de 300 000 euros, somme fictive, pour borner Kapot-Nhinore, alors que le feu vert des autorités brésiliennes n’a pas été donné. Henri de Bontin conduit pourtant Dutilleux chez son ami Henri de Raincourt, alors Ministre délégué à la coopération sous la tutelle d’Alain Juppé. Une demande d’aide au financement est déposée. L’illusion est parfaite et dans un premier temps le chef Raoni n’y voit que du feu.

Le 27 septembre 2011 à l’événement « Forêt Humaine » (Villejuif), de gauche à droite : Jean-Pierre Dutilleux, le cacique Raoni Metuktire, Gert-Peter Bruch et Henri de Bontin.

Bontin organise ensuite un diner de charité au restaurant le Galvacher pendant lequel est improvisée une vente aux enchères illégale et conditionne la remise d’un don modeste de son ami Charles-Antoine de Vibraye, avec lequel il aime pratiquer la chasse à courre, par un passage très médiatisé du chef au château de Cheverny, haut-lieu de la vénerie ayant servi de modèle à Hergé pour le château de Moulinsart. Pendant une rencontre publique organisée par le « Comité de soutien au chef Raoni » à Villejuif pour lui permettre de rencontrer les signataires de sa pétition, Bontin réclame de l’argent pour le bornage de Kapot-Nhinore. Une corbeille est vite remplie. On sait que l’argent n’a pas servi au bornage. On a déjà raconté la suite et comment le chef Raoni a ensuite rompu, en avril 2012, avec Dutilleux et ses amis, dont Henri de Bontin.

 

2014 – 2015, Bontin le faux repenti infiltre Planète Amazone

Désavouant publiquement Jean-Pierre Dutilleux, le cacique Raoni annonce en mars 2012 que son relai en Europe sera désormais Planète Amazone. C’est sans doute pour cela et parce que le fondateur de Planète Amazone, Gert-Peter Bruch, connait bien Dutilleux et fut pendant quelques mois vice-président adjoint de l’Association Forêt Vierge, que Henri de Bontin se lance dès ce moment dans une stratégie de dénigrement permanent et de harcèlement sur les réseaux sociaux, à travers la page facebook officielle de l’AFV ou son propre compte facebook. En 2013, il se rend avec Dutilleux dans la région du Xingu avec des caisses de médicaments financées grâce au soutien du Prince de Monaco. La visite surprise tourne court : le cacique Raoni refuse de les recevoir.

En juin 2014, cependant, Planète Amazone, lui organise un rendez-vous avec les chefs Raoni et Megaron, en visite en Europe. Grave erreur. Devant plusieurs témoins et alors qu’un enregistreur audio tourne, Bontin affirme que Dutilleux a été contacté par EDF et que le projet d’une donation pour le chef Raoni a été ruiné par une photo de Planète Amazone où Megaron pointe du doigt le siège du groupe à la Défense. A la demande des chefs, qui dénoncent violemment Dutilleux, Bontin écrit sur papier libre sa lettre de démission de son poste de vice-président de l’AFV. Revirement sincère ? Que nenni, il s’agit d’un stratagème pour se rapprocher de Planète Amazone et reprendre le contrôle du chef Raoni. L’opération va s’étaler sur plus de 4 ans.

Enregistrement audio d’une discussion entre Henri de Bontin et les chefs Raoni et Megaron, Paris, juin 2014

– Transcription de l’audio –

Henri de Bontin (à Gert-Peter Bruch) : […] et la dernière chose qu’il [Jean-Pierre Dutilleux] dit, c’est que, comme on a politisé un peu (toi et moi, je suis autant responsable que toi) le dernier voyage de l’AFV, quand Raoni est venu, on a perdu 150 000 euros de dons.
Gert-Peter Bruch (au Cacique Raoni, en portugais) : Ah, il dit que Jean-Pierre lui aurait dit qu’à cause du fait que vous avez parlé de Belo Monte, qui est un problème politique, il aurait perdu 150 000 euros de dons pour vous. Un mensonge de plus…
Henri de Bontin : La seule chose que je sais à propos d’une perte de dons, et là vous êtes un peu responsables, je peux vous donner une explication… Lorsque vous êtes arrivés en France, tu as pris une photo que tu a mise sur Facebook, de Megaron en train de pointer EDF. Il se trouve que EDF nous a contacté.
Gert commence à traduire aux caciques
Henri de Bontin : Alors EDF a contacté Jean-Pierre, hein ? […] EDF a contacté Jean-Pierre, et EDF a dit « mais qu’est-ce que c’est que ces rigolos qu’on doit recevoir ? » Il paraît qu’ils étaient prêts à vous faire une donation…
Gert-Peter Bruch : Non…
Henri de Bontin : C’est ce que Jean-Pierre m’a dit. Et du coup c’est pour ça qu’ils ne vous ont pas reçus.
Gert-Peter Bruch : C’est un mensonge, un mensonge…
Hugues Pieto : Le cacique veut parler.
Cacique Raoni : la dernière fois que je suis venu ici avec lui, Jean-Pierre m’a dit droit dans les yeux : « tu ne peux pas parler du barrage de Belo Monte, parce que si tu en parles, les donations ne pourront pas arriver ».
Gert-Peter Bruch : C’est ce qu’il dit mot pour mot.
Henri de Bontin : Jean-Pierre m’a tenu le même langage à ce sujet, je suis au courant.
Cacique Raoni : Et pour cette raison précise, je ne veux plus entendre parler de lui.
Henri de Bontin : D’accord, d’accord.

Juin 2014, les chefs Raoni et Megaron demandent à rencontrer Henri de Bontin et lui demandent de démissionner immédiatement de l’Association Forêt Vierge et de se rapprocher de Planète Amazone.

Dans les mois qui suivent, à force de patience et de séduction, Bontin parvient à persuader Planète Amazone de son désir de s’engager à ses côtés, comme le chef Raoni le lui a demandé. La mise à l’épreuve de Planète Amazone, qui reste prudente à son égard, semble bien commencer. Bontin favorise un don de médicaments aux indigènes dépendant de l’Institut Raoni par l’intermédiaire de la Croix-Rouge monégasque et organise des rendez-vous avec l’agglomération du Grand Lyon dans la perspective d’une visite du chef Raoni dans la ville, dans la foulée de la COP21 (décembre 2015). La règle fixée par Planète Amazone est simple : du concret ! Planète Amazone n’emmènera le cacique Raoni à Lyon que si un partenariat lui profitant est signé en amont, afin qu’il ne soit pas instrumentalisé. Après des mois de discussions autour des dossiers envoyés par Planète Amazone, le Grand Lyon ne respecte pas ses engagements et aucun partenariat n’est signé. Quelques jours avant l’agenda fixé de longue date, on apprend que la visite du cacique Raoni doit se résumer à un parcours médiatique mettant en valeur Gérard Collomb, et à un dîner de gala organisé par Bontin, qui n’a pas fourni les garanties promises quant à la réalité des réservations. Bontin promet que la ville donnera quelques milliers d’euros en compensation de l’accord non respecté. Après vérification il n’en est rien. Le cacique Raoni, déjà épuisé par les nombreuses activités que lui organise Planète Amazone pendant la COP21 renonce, après présentation de la situation, à se rendre à Lyon.

L’agenda de Bontin est contrarié, il est fou de rage. Il passe vite à l’attaque. Mais Planète Amazone est déjà en alerte. D’une part, des indices prouvent que Bontin est toujours en lien avec Dutilleux et de l’autre, ce dernier tente de rencontrer le chef à Paris, pendant la COP21. Raoni refuse l’invitation faite par l’intermédiaire du directeur de l’Institut Raoni, qui, pour des raisons encore occultes, semble lui aussi œuvrer au rapprochement avec Dutilleux après l’avoir pourtant violemment dénoncé. Un troisième homme, le producteur et réalisateur Alexandre Bouchet, est parvenu à convaincre Planète Amazone après des mois d’approche qu’il a rompu tout lien avec Dutilleux et qu’il développe un film pour la Globo afin de dénoncer le barrage de Belo Monte. Il souhaite proposer au chef Raoni d’y participer. C’est à cet effet que Planète Amazone lui emmène deux fois le chef à domicile pendant la COP21. Quelques mois plus tard, en avril 2016, on retrouvera Alexandre Bouchet en Amazonie avec Dutilleux, où les deux hommes, qui ont déjà vendu le projet d’un film biographique du chef Raoni à Arte sans l’en avoir averti, abattront leurs cartes, parlant pour la première fois d’un projet de « nouveau tour du monde ». Bontin est bien entendu dans la boucle même s’il n’en laisse (presque) rien paraître. Sans le savoir, Planète Amazone est déjà prise dans une toile d’araignée tissée de longue date.

 

Piège et accusations mensongères autour d’une donation d’Humanis pour l’Alliance des Gardiens de Mère Nature

Le cacique Raoni est venu à la COP21 pour lancer avec Planète Amazone l’Alliance des Gardiens de Mère Nature et appeler dans la foulée à la tenue d’une Grande Assemblée réunissant au Brésil, des représentants indigènes du monde entier. L’opération nécessite de lever des fonds. Bontin en profite pour tendre un piège. Il obtient pour Planète Amazone 12 000 € de la compagnie d’assurance Humanis à condition que le chef Raoni et Planète Amazone effectuent une présentation au siège de l’entreprise, mais au lieu de les affecter au financement de la Grande Assemblée, il a convenu qu’ils servent à financer un diner de charité au Chalet des Iles, restaurant huppé du bois de Boulogne. Planète Amazone, reconnue d’intérêt général, refuse la demande de Bontin d’engager ses fonds (plus de 15 000 € tout de même) pour réserver le Chalet des Iles et le projet de diner de charité est rabattu sur un restaurant beaucoup plus modeste, où Bontin réunit 20 personnes sur les 200 promises. Il laisse bientôt entendre que la donation d’Humanis reçue par Planète Amazone pourrait être considérée comme un détournement de fonds si elle était affectée à l’Alliance, puisqu’elle n’a finalement pas servi à financer le dîner au Chalet des Îles. A son insu, la direction d’Humanis confirme que son don est bien en faveur d’un grand rassemblement au Brésil au profit de l’Alliance, puisque c’est ce qui a été présenté devant ses salariés. Bontin fera tout de même courir le bruit que Planète Amazone aurait gardé cet argent. Il demande quelque temps plus tard à Dutilleux de lui traduire un message en ce sens, afin qu’il l’envoie à certains indigènes du Brésil dans le but de ruiner la confiance qu’ils portent à Planète Amazone. Bontin ne sait alors pas que les fonds d’Humanis ont déjà été transmis à l’Institut Raoni, après la signature d’une convention.

Planète Amazone avec le cacique Raoni chez Humanis, par l’entremise de Henri de Bontin, le 26 novembre 2015. La compagnie d’assurances offrira 12 000 € à l’Alliance des Gardiens de Mère Nature.

Tout cela fait partie d’un plan plus vaste destiné à discréditer Planète Amazone et l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. A cet escient, Bontin rameute par le biais des réseaux sociaux quelques détracteurs de Planète Amazone afin de les inciter à se constituer en collectif de plaignants. Parmi eux, un jeune preneur d’images qui a cherché à s’approprier des images tournées pour l’association. Planète Amazone le poursuit en diffamation depuis fin 2014 pour des accusations de détournement de fonds qu’on semble lui avoir soufflé à l’oreille (le garçon sera condamné en 2018). Selon une ancienne secrétaire de l’AFV, Dutilleux le recevra plusieurs fois à diner, ainsi que ceux qu’il a réussi à convaincre de témoigner en sa faveur, il lui « prêtera » même son avocat d’alors.

 

Instrumentalisation de Valdelice Veron du peuple Guarani Kaiowa, leader indigène menacée de mort

Ceci n’est que le prélude à des manipulations beaucoup plus graves, dont le but est de détruire la confiance que Planète Amazone a acquise auprès de nombreux partenaires et représentants indigènes. Petit retour en arrière. En juillet 2015, Planète Amazone a reçu le soutien de Nicolas Hulot pour faire venir en France Valdelice Veron, représentante du peuple indigène Guarani Kaiowa victime d’un effroyable génocide au Brésil. Menacée de mort, elle est parvenue à éviter les balles des fermiers voulant l’empêcher de lancer l’appel au secours de son peuple en Europe. Sa participation au Sommet des Consciences, où elle appelle à la reconnaissance du crime d’écocide et présente pour la première fois au public l’Alliance des Gardiens de Mère Nature, est saluée par les médias. Une plainte pour génocide est déposée à la Cour Pénale Internationale. Cette première visite est un succès.

Juillet 2015, en marge du Sommet des Consciences organisé par Stéphanie Lux pour Nicolas Hulot. De gauche à droite : Valdelice Veron, leader du peuple Guarani-Kaiowa, Henri de Bontin, l’avocate Polly Higgins, Gert-Peter Bruch et Natanael Vilharva Caceres.

Henri de Bontin gravite alors autour de Planète Amazone et fait connaissance avec Valdelice et son époux. Il s’incruste même dans un rendez-vous avec le Prince de Monaco auquel il n’est pas invité. Quelques mois plus tard, avec l’assentiment de Jean-Pierre Dutilleux, il effectue un travail de dénigrement auprès de Valdelice Veron, à laquelle il affirme que Planète Amazone est discréditée auprès du Prince de Monaco. Celui-ci, pour plaider la cause de son peuple auprès des plus hautes autorités brésiliennes au moment des Jeux Olympiques, aurait besoin d’un message écrit ou filmé prouvant que Valdelice Veron s’est détachée de l’association. Après maintes hésitations, Valdelice Veron, désespérée pour son peuple, finit par envoyer de petites vidéos enregistrées par son téléphone portable. Les textes sont lus d’une voix machinale. Valdelice supplie le prince de l’aider. On retrouve ensuite l’une des ritournelles de Bontin et Dutilleux : Planète Amazone et son président utiliseraient la cause et les indigènes pour leur propre intérêt. Valdelice Veron dit s’être détachée de Planète Amazone mais aussi de l’Institut Raoni, puis remercie Henri de Bontin, sa fille en bas âge, et la mère de celle-ci, qu’il lui a présentées en France. Cette maladresse signe la forfaiture. Le Prince de Monaco ne sera pas le seul à recevoir cette vidéo qu’il n’a jamais demandé. Ce sera aussi le cas, par exemple, de l’équipe du chef Raoni, qui se montrera furieuse de voir le nom de leur institution citée dans cette manipulation… Valdelice Veron, utilisée sans vergogne, ressortira de cette histoire fragilisée. Elle n’a plus voyagé hors de son pays depuis mais a renoué des liens avec Gert-Peter Bruch.

Manipulée par Henri de Bontin, la leader indigène Valdelice Veron se filme avec son téléphone.

– Transcription de l’audio –

Nous ne faisons pas partie de l’ong de ce Gert Bruch, Planète Amazone, ni de l’Institut Raoni, où il utilise les peuples indigènes pour son bénéfice propre.
Prince Albert, nous voulons simplement survivre. Nous avons besoin de votre appui afin que cesse ce génocide du peuple Guarani-Kaiowa.
La nation Guarani-Kaiowa saigne aujourd’hui. Henri, Alice et la petite Maria-Raoni, je vous remercie vous aussi de porter attention aux peuples indigènes de l’Etat du Mato Grosso do Sul. Nous avons besoin de votre aide.

 

Tentative de destruction de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature avec la complicité d’un kayapo pendant la campagne « Rejoignez les Gardiens de la terre »

En juin 2016, Planète Amazone lance, avec le soutien du cacique Raoni, de Pierre Richard, Bernard Lavilliers, Nicolas Hulot, Paul Watson… une campagne d’appel au financement participatif afin de financer la tenue, au Brésil, d’une Grande Assemblée de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature.

L’appel au financement participatif de Planète Amazone « Rejoignez les Gardiens de la Terre » au profit de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature, ciblé par Dutilleux et Bontin en juillet 2016.

Le 26 juillet, alors que la collecte de fonds « Rejoignez les Gardiens de la Terre » est déjà un succès avec plus de 170 000 € collectés une lettre sans en-tête datée du 25 juillet et signée du Cacique Raoni est diffusée sur les réseaux sociaux et sur les boîtes e-mails de médias et personnalités ciblés. Aux termes de cette lettre, prétendument adressée au Président de Planète Amazone, Gert-Peter Bruch (qui ne l’a jamais reçue directement), le chef Raoni fait part de sa volonté de rompre toute relation avec lui et son organisation en raison d’une « utilisation incorrecte de [son] nom ». Le soir du même jour l’Institut Raoni, publie sur sa page Facebook un « communiqué urgent » contresigné par son administrateur. Dans ce document le chef indique avoir été abusé le 25 juillet, sa signature ayant été obtenue par le biais d’un intermédiaire de son propre peuple, sans qu’il n’ait eu connaissance du contenu réel (il ne sait ni lire, ni écrire). Le cacique Raoni dénonce, à cette occasion, l’intervention malveillante de tiers dans cette opération.

Echanges du 23 juillet 2016 entre Henri de Bontin et Jean-Pierre Dutilleux pour préparer des messages de dénigrements de Planète Amazone auprès de représentants indigènes.

Très vite, Planète Amazone demande des explications à l’Association pour la Forêt Vierge (AFV) et à M. Henri de Bontin, qui ont publié publiquement la lettre frauduleuse sur leur page Facebook. Bontin a aussi envoyé la lettre à des partenaires de Planète Amazone, des institutions, des médias… Des e-mails échangés entre eux révèlent très vite que le faux document est une fabrication de Messieurs Jean-Pierre Dutilleux et Henri de Bontin pour nuire au chef Raoni, à l’Alliance des Gardiens de Mère Nature et à l’Association Planète Amazone. Ces courriels prouvent que la personne ayant frauduleusement recueilli la signature du chef Raoni est Bemoro Metuktire, qui sera 3 ans plus tard, en mai 2019, le seul accompagnant kayapo du cacique Raoni lors de sa tournée en Europe et s’affichera avec lui sur toutes les photos prises auprès des personnalités rencontrées.

De gauche à droite, Bemoro Metuktire, Romain Drault, le cacique Raoni et Robert Dardanne, le 24 mai 2019 dans un grand hôtel à Cannes

La déclaration frauduleuse a pour conséquence immédiate l’intervention de la fondation Nicolas Hulot qui, aux termes d’une lettre adressée au Président de Planète Amazone, exige des explications et envisage des poursuites judiciaires sur la base de ce document. Dès cet instant et malgré l’incident apparemment maitrisé (Dutilleux est dénoncé par le cacique Raoni une première fois par voie de communiqué en août 2016 et une seconde fois dans une vidéo en février 2017), l’écologiste s’éloigne de Planète Amazone et de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. Il ne sera pas le seul. Un préjudice certain. Malgré cet épisode éprouvant et après d’autres obstacles probablement liés, Planète Amazone est tout de même parvenu à organiser, à Brasilia en octobre 2017, la Grande Assemblée de l’Alliance. Celle-ci a rassemblé 200 représentants indigènes et écologistes venus de 30 pays et abouti à la Déclaration de l’Alliance des Gardiens et Enfants de la Terre Mère. C’est après sa tenue que Planète Amazone a porté plainte contre Dutilleux et Bontin pour faux et usage de faux. Le procès n’a pas encore eu lieu.

 

Septembre 2018, le réseau Dutilleux se dévoile enfin au moment de son retour fracassant auprès du chef Raoni

Après d’autres manipulations visant à discréditer définitivement Planète Amazone et l’Alliance des Gardiens de Mère Nature, favorisées par des conflits d’intérêts entre les partenaires de l’Institut Raoni (voir première partie de l’enquête), Gert-Peter Bruch est, en septembre 2018, dissuadé de se rendre au Brésil, où il s’apprêtait à retrouver le cacique Raoni, qui venait de solliciter son soutien. Des informations inquiétantes recueillies sur place, une trop forte insistance à le faire venir à une date donnée et un surprenant appel de Bontin sur le numéro privé de Pierre Richard donnent l’alerte. Le voyage est annulé après un Conseil du Comité Exécutif de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature, dont Gert-Peter Bruch est membre. Quinze jours après la date où Gert-Peter Bruch avait prévu de retrouver le cacique Raoni au village de Metuktire, Dutilleux, guidé par Bemoro Metuktire, y débarque avec l’industriel Robert Dardanne, constructeur de barrages hydroélectriques et opérateur de crédits carbone. Deux ans plus tôt, les deux hommes qui attendaient le chef Raoni à la cérémonie funéraire du chef Pirakuman dans le Parc Indigène du Xingu flanqués de l’industriel Jacques Rocher (Fondation Yves Rocher) et de Stéphane Voisin (spécialiste des crypto monnaies) étaient repartis bredouilles. Le scandale de la lettre frauduleuse avait dissuadé le chef de s’y rendre.

Il n’avait donc passé aucun accord avec ces hommes d’affaires à l’intermédiaire douteux et pas participé au tournage du film qu’Alexandre Bouchet et Dutilleux avaient déjà vendu à Bonne Pioche pour une diffusion sur Arte. Le chef fera d’ailleurs intervenir un avocat français, maître Choukroun, qui dissuadera la compagnie de Bonne Pioche d’utiliser son nom et son image (« Raoni, une histoire amazonienne » est ainsi devenu « Une histoire amazonienne », diffusé sur Arte à l’été 2018). Mais en septembre 2018 tout est différent. Des contrats sont immédiatement signés : nouveau livre, nouveau film, tournée « mondiale », promesse de faire campagne pour démarquer le territoire de Kapot-Nhinore. Les conditions de ce revirement soudain et spectaculaire restent floues, même si le témoignage d’une personne présente fait planer de forts soupçons de corruption.

En janvier 2019 Planète Amazone et Gert-Peter Bruch sont assignés en référé au nom de Jean-Pierre Dutilleux et du cacique Raoni, par le cabinet d’avocats Simmons & Simmons, qui défend les intérêts de compagnies issues de l’industrie minière (dont NordGold, qui développe le projet Montagne d’Or en Guyane Française) et de celle des grands barrages (dont EDF). Est demandé le retrait d’internet de la vidéo dans laquelle Raoni et deux de ses proches dénoncent Jean-Pierre Dutilleux, notamment pour s’être introduit illégalement dans leur territoire. Le document produit par Dutilleux pour prouver que son entrée était autorisée, prétendument établi devant notaire, comporte deux signatures grossièrement imitées, celles du chef Raoni et d’un autre cacique. La seule signature authentique est celle du prétendu témoin, Bemoro Metuktire, encore lui. Le procureur de la République du Ministère Public Federal Felicio Pontes, qui a instruit la plupart des procès contre le barrage de Belo Monte, rencontre le cacique Raoni avant le délibéré et certifie que celui-ci n’est pas au courant de cette action en justice faite en son nom contre « mon ami Gert ». Jean-Pierre Dutilleux est débouté. Planète Amazone porte une nouvelle fois plainte contre lui, cette fois-ci pour fabrication et usage de fausse attestation dans une tentative d’escroquerie au jugement. La vidéo est toujours en ligne à ce jour.

 

L’heure des comptes

Vente aux enchères organisée par l’Association Forêt Vierge en présence du chef Raoni, le 16 mai 2019, au restaurant le Chalet des Iles. Jean-Pierre Dutilleux semble faire office de commissaire priseur et bénéficie de l’assistance de Nathalie Gaillard, présidente de l’Association pour la Forêt Vierge.

Dès l’arrivée à Paris du chef Raoni, le 13 mai 2019, Dutilleux et Bontin le filmaient « devant huissier » afin qu’il dénigre publiquement Planète Amazone (voir notre décryptage). Sur son compte YouTube, l’Association Forêt Vierge laissait sous-entendre que la vidéo avec été réalisée avec l’assistance du cabinet d’avocats Simmons & Simmons (la mention a été supprimée rapidement), qui comme nous l’avons rappelé, défend les intérêts de multinationales de l’industrie minière, des grands barrages et du pétrole. Ces mêmes corporations qui causent des ravages dans de nombreux territoires autochtones jusque là préservés à travers le monde. Simmons & Simmons eu la primeur de la tournée avec une conférence privée à la Maison de l’Amérique Latine. C’est l’endroit même où, il y a trente ans, Sting avait attiré des centaines de journalistes et curieux pour lancer sa tournée mondiale triomphale de 2 mois et 17 pays avec le chef Raoni et Jean-Pierre Dutilleux. Cette fois, c’était Robert Dardanne, co-fondateur de Voltalia et l’un des chefs d’orchestre de cette tournée en tant vice-présidents de l’Association Forêt Vierge, qui était assis au premier rang des spectateurs. La vigilance des organisateurs fait qu’il n’y avait ni média, ni curieux dans la salle. Replacé dans le contexte de nos révélations, cette anecdote devient l’un des symboles d’un combat sciemment perverti.

Il faut faire taire Planète Amazone. Henri de Bontin a posté ou fait diffuser plusieurs fois sur les réseaux sociaux une vidéo où le cacique Raoni, manipulé, dénigre Gert-Peter Bruch.

Finalement, à force de manipulations et grâce à l’assistance très appuyée de Henri de Bontin, de Bemoro Metuktire et le soutien particulier de Robert Dardanne, Jacques Rocher (Fondation Yves Rocher), Alexandre Bouchet et Patrick Mahé (ami de toujours de Dutilleux, ancien rédacteur en chef de Paris Match), Jean-Pierre Dutilleux est parvenu à faire de nouveau voyager le chef Raoni en Europe, avec les mêmes travers (traductions approximatives ou inexistantes, mise sous contrôle de la délégation indigène…).

Photo de couverture de la page facebook d’Henri de Bontin où il apparait entourant le chef Raoni avec Jean-Pierre Dutilleux, à la fin de la tournée qu’ils ont organisé pour lui en Europe, en mai 2019.

Bontin a eu son diner de gala au Chalet des Iles (avec vente aux enchères légale ?), sa photo avec le chef et Dupont Aignan et son heure de gloire auprès du tout Lyon. Jubilant, Alexandre Bouchet, propulsé « caméraman officiel » du « Raoni Tour 2019 », a monté les marches du festival de Cannes avec Raoni aux côtés de sa femme, de Dutilleux et de Dardanne. Pas un mot sur l’Alliance, les barrages, les droits de la nature, l’écocide… Le nom même du territoire de Kapot-Nhinore, mission prioritaire du peuple kayapo, n’est pas apparu dans les médias. C’est ainsi que s’est achevée la tournée scandaleuse. Mais l’histoire est loin d’être finie. Pour l’instant l’image de Raoni, associée à celle de Macron ou du Pape, a fait l’effet d’un écran de fumée. L’avenir dira bien vite quelles seront les conséquences alors que celui-ci commence déjà à se dissiper.


Question au gouvernement de Mme Mathilde Panot, deputée LFI, à propos de la récente tournée du cacique Raoni en Europe

Parue au journal officiel le 4 juin 2019.
Cliquer ici pour y accéder.

 

Mme Mathilde Panot appelle l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur les conditions dans lesquelles a été organisée la tournée européenne du cacique Raoni Metuktire. Elle l’interroge sur les possibilités d’un abus de confiance de ce chef indigène à la renommée internationale et à l’âge avancé. Son neveu et successeur au Brésil, M. Megaron Txucaramãe, reçu avec lui à l’Assemblée nationale en juin 2014, s’est inquiété des conditions dans lesquelles l’organisateur de cette tournée, M. Jean-Pierre Dutilleux, l’a fait voyager. L’engagement formulé par écrit qu’il soit entouré de trois représentants de son peuple kayapo, dont l’un de ses deux traducteurs officiels et M. Megaron Txucaramãe n’a pas été satisfaite et seul M. Bemoro Metuktire l’a accompagné.

M. Jean-Pierre Dutilleux a déjà été accusé par le cacique Raoni de l’avoir isolé lors d’un précédent voyage européen, ainsi que d’avoir tenté de le convaincre de ne plus s’exprimer publiquement contre le barrage de Belo Monte en échange de promesses de dons devant permettre une sécurisation du territoire indigène de son peuple. Aujourd’hui, alors qu’il lève publiquement des fonds avec la promesse que ceux-ci permettront au cacique Raoni de sécuriser son territoire et celui des tribus avoisinantes, ce même M. Jean-Pierre Dutilleux a annoncé au journal Le Monde que cette nouvelle tournée doit aussi permettre de récolter 15 millions d’euros afin de créer un « Institut Xingu », alors que des institutions et organisations indigènes existent déjà pour défendre le peuple Kayapo et ceux de la région concernée par ce projet. Les fonds de ce projet pourraient être collectés auprès des différents gouvernements et sponsors que M. Dutilleux a pu rencontrer auprès du cacique Raoni pendant cette tournée. Plusieurs représentants kayapo proche du cacique Raoni ont déclaré que leur peuple n’avait pas eu connaissance de ce projet avant le jour de son départ, en conséquence, ils ont tenté sans succès de dissuader le cacique de partir dans ces conditions. Ce manquement constituerait une violation de la Convention 169 de l’OIT, ratifiée par le Brésil, qui garantit aux peuples autochtones le droit à une consultation préalable, libre et éclairée.

Elle lui demande donc s’il est au courant d’accords éventuels entre l’Association Forêt Vierge de M. Jean-Pierre Dutilleux, à travers laquelle il développe l’« Institut Xingu », et la République française, s’il connaît la structure juridique de l’Institut Xingu et la place qu’y tient le cacique Raoni, et lui fait part de ces inquiétudes sérieuses et légitimes quant à l’éventuelle manipulation du chef amazonien.

LIRE AUSSI LA 1ère PARTIE DU DOSSIER

 

Pour aller plus loin

 

Dans la presse:

1- Le Monde – En Amazonie, le combat de Raoni, le dernier des Kayapo – 11 mai 2019 (texte intégral)
2- Radio Lac – Inquiétudes sur la tournée du chef Indien Raoni – 23 mai 2019
3- Le Monde – Raoni en Europe : une tournée sous influence   – 24 mai 2019 (texte intégral)
4- Nice Matin – Scandale humanitaire au Festival de Cannes? Le chèque d’un million de dollars pour le chef Raoni était-il en bois? – 30 mai 2019 (texte intégral)
5- Survival News – Raoni otage des intérêts économiques français en Amazonie ? – octobre 2011

 

Nos articles:

1- Un scandale couve sous la rencontre de Raoni avec Macron, « président des pollueurs » – 12 mai 2019
2- Vidéo accusant Planète Amazone : « Forêt Vierge » instrumentalise une nouvelle fois le cacique Raoni – 22 mai 2019

 

Pièces du dossier:

– concernant l’Institut Xingu / Raoni :
1- Présentation complète de l’Institut Raoni (2000)
2- Rapport sur la faisabilité du projet d’Institut Raoni, par le GRET (2001)
3- Présentation complète du premier projet d’Institut Xingu (2001)
4- Flyer de présentation de l’Institut Xingu (2002)
5- Présentation de l’Institut Xingu (2016)

 

– autres :
6- Certificat de dépôt de la marque « Raoni », par le cabinet Armengeaud pour le compte de l’AFV – 2010
7- Dépôt de la marque « Raoni » par l’Association pour la Foret Vierge – 2011
8- Communiqué de Planète Amazone à propos de la manipulation du cacique Raoni pour signer un communiqué – 28 juillet 2016 (télécharger au format PDF)
9- Communiqué des caciques Raoni et Megaron demandant à Jean-Pierre Dutilleux de ne plus revenir sur la terre du cacique Raoni – 12 août 2016 (télécharger au format PDF ; télécharger l’original en portugais)
10- Vidéo des caciques Raoni et Megaron, dénonçant Jean-Pierre Dutilleux – 13 février 2017
11- Deuxième partie de la vidéo sus-citée, éclairage de Patxon Metuktire, administrateur de la FUNAI – 13 février 2017
12- Communiqué de Planète Amazone concernant le référé intenté par Jean-Pierre Dutilleux afin de retirer la vidéo sus-citée – 15 février 2019
13- Communiqué de Planète Amazone annonçant que Jean-Pierre Dutilleux a été débouté pour le référé sus-cité – 16 mars 2019
14- Enregistrement audio d’une discussion entre Henri de Bontin et les chefs Raoni et Megaron à Paris (juin 2014)
15- Lettre de Karim Natouri, Directeur communication et développement durable chez Humanis (2015)

 

 

LE RÉSEAU DUTILLEUX / FORET VIERGE

 

Jean-Pierre Dutilleux
Fondateur et président d’honneur de l’Association pour la Forêt Vierge, cineaste, photographe, écrivain, dans le sillage du cacique Raoni depuis 1973. A réalisé le film « Raoni », nominé aux Oscars en 1979, et amené Sting auprès du chef Raoni… avant de l’en éloigner en raison de sa réputation sulfureuse. Plusieurs fois dénoncé et chassé par le cacique Raoni, il a effectué 6 voyages en France et Europe avec lui. Seul le premier, grâce au travail de Sting, a donné un résultat probant.

 

Nathalie Gaillard
Présidente de l’Association pour la Forêt Vierge, Galeriste, directrice de RNG Art Conseil, elle fut directrice de 1989 à 2001 de la Fondation Coprim pour la promotion de l’art contemporain, fondé et présidée par le promoteur immobilier Dominique Dutreix, condamné dans l’affaire Elf.  Ancienne compagne de Jean-Pierre Dutilleux, elle l’a connecté à un conseiller de Jacques Chirac en 2000, ce qui lui a permis d’obtenir le soutien nécessaire à un second voyage en Europe du cacique Raoni, autour d’un projet pharaonique, l’Institut Raoni, que Dutilleux a renommé plusieurs fois depuis sans jamais réussir à le réaliser.

 

Robert Dardanne
L’un des vice-présidents actuels de l’Association Forêt Vierge, est un homme d’affaires aux activités diversifiées, spécialiste de la construction de barrages hydroélectriques en Amérique du Sud et opérateur de crédits carbone (cité dans l’affaire de l’arnaque à la TVA sur les crédits carbone). De 1995 à 2003 il assure la construction puis l’exploitation de la centrale hydroélectrique de Saut Maripa en Guyane (cédée en 2003 à EDF).
Fondateur de Voltalia, Robert Dardanne est aussi le Président de FIDEXI, une société de services d’ingénierie financière, juridique et fiscale, et opère également dans le domaine des résidences médicalisées, et celui des transports et voyages (il a été condamné dans l’affaire de la cession de la compagnie aérienne Air Guadeloupe). A voyagé avec Jean-Pierre Dutilleux en juillet 2016 pour tenter de rencontrer le cacique Raoni dans une cérémonie funéraire à laquelle il devait se rendre, afin d’entrer en affaire avec lui. Il accompagne Dutilleux en septembre 2018 dans le village du cacique Raoni. Les deux hommes convainquent le chef de 88 ans d’entreprendre, contre toute attente, une tournée européenne en mai 2019. Dardanne y est apparu omniprésent, gravissant même avec Raoni et Dutilleux, les marches du Festival de Cannes.

 

Henri de Bontin
L’un des Vice-président de l’AFV, gestionnaire de patrimoine proche de l’extrême-droite française, royaliste, dont le frère est un proche du prince Albert II de Monaco. A fait enregistrer la marque « Raoni » par l’AFV avec le concours de sa famille dans le but de créer un parfum « Raoni » à travers la société Mekarfum. A participé activement à des manipulations de plusieurs représentants autochtones au Brésil, dont la leader indigène Valdelice Veron, menacée de mort, dans le but de détruire la réputation de Planète Amazone et de jeter le discrédit sur le projet de Grande Assemblée de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. En mai 2019, il présente le cacique Raoni à Nicolas Dupont-Aignan et organise la venue du chef amazonien à Lyon, où ils sont notamment reçus par Gérard Collomb.

 

Patrick Mahé
Les liens d’amitié de Dutilleux et Patrick Mahé sont ceux de deux hommes ayant fait plusieurs fois affaire ensemble. En 1989, Patrick Mahé est rédacteur en chef de Paris Match, quand l’hebdomadaire achète à Jean-Pierre Dutilleux l’exclusivité de photos de Sting et du chef Raoni. Le Monde rappelle ses liens avec l’extrême-droite française, il a surtout des liens indéfectibles avec JP Dutilleux, dont il a publié deux livres et préfacé la plupart des autres. Malgré la réputation sulfureuse de son ami belge, il l’a présenté à Jacques Rocher (Fondation Yves Rocher) et a préparé son retour médiatique de main de maître. A noter qu’il fut également président de l’Association Forêt Vierge dans les années 1990.

 

Bemoro Metuktire
Agé de 43 ans, est l’un des représentants de la branche Metuktire du peuple Kayapo. Il effectue son premier voyage en France en 2011 auprès du cacique Raoni, organisé par Jean-Pierre Dutilleux et l’Association Forêt Vierge. Il s’aligne tout d’abord sur la stratégie des organisateurs consistant à faire silence sur le barrage de Belo Monte pour obtenir des fonds de donateurs prétendument non politisé, mais se retourne ensuite contre Dutilleux. Il est inclus dans la délégation de la campagne européenne de Planète Amazone « Urgence Amazonie » en 2012, aux côtés des chefs Raoni et Megaron, mais l’association se distancie de lui lorsqu’il entre en contact  avec des donateurs à des fins personnelles. Rêvant de revenir en Europe et de pouvoir un jour prendre la « succession » du chef Raoni, il n’hésite pas à le manipuler en complotant avec Dutilleux et Bontin pendant plusieurs années pour nuire à Planète Amazone et à l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. Semblant désormais proche de l’industriel Robert Dardanne, il a dirigé une Fédération des peuples du Xingu (FEPOIMT) destinée à favoriser l’implantation de projets de compensation carbone dans les territoires indigènes de sa région. Réputé pour mal traduire le cacique Raoni, il est le seul kayapo à l’avoir accompagné pendant la tournée que l’AFV lui a organisé en mai 2019, où ils ont rencontré nombres d’autorités et hommes d’affaires européens.

 

Simmons & Simmons
En janvier 2019, c’est par le biais de ce cabinet international d’avocats d’affaires que Dutilleux assigne Planète Amazone en référé, en son nom et en celui du chef Raoni, pour demander le retrait d’internet d’une vidéo (Dutilleux sera débouté). Simmons & Simmons LLP, qui affirme sur son compte twitter développer des projets pro bono liés au chef Raoni, intervient dans la réalisation de projets miniers, d’électricité et d’énergies « renouvelables » de grande envergure en Afrique (mégabarrage Inga 3 en RDC: 4,500MW). Il protège les intérêts de la société minière de bauxite Alufer Mining en Guinée, de NordGold (projet Montagne d’Or en Guyane française), du consortium chinois China Three Gorges International Corporation (barrage des 3 gorges en Chine) de EDF et Shell (source : le site Legal 500, qui propose des services offshore dans les îles Caïman, Guernsey ou Jersey),

 

Jacques Rocher
Héritier de l’entreprise de cosmétiques Yves Rocher et maire de La Gacilly (Morbihan) comme son père, il est un soutien indéfecticle de Dutilleux. Dès 2011, il souhaite engager sa fondation dans un projet de construction de murailles de bambou autour de terres indigènes au Xingu, alors que le chef Raoni est son invité à La Gacilly. En 2016, il a accompagné Dutilleux dans le haut Xingu avec deux de ses fils. Lors de la tournée du chef Raoni de mai 2019, il reçoit à nouveau le chef pour une soirée de rencontre avec le public à sa fondation. Etrangement, le projet de murailles végétales n’y sera pas évoqué, alors qu’il est annoncé dans plusieurs médias comme étant un objectif à financer au cours de cette campagne, pour lequel l’AFV réclame un million d’euros.

 

Stéphane Voisin
Analyste financer expert en finance verte et développement durable, ainsi qu’ambassadeur des technologies de blockchain, support de la création des monnaies virtuelles (ou crypto monnaies). Associé à Dutilleux, il a voyagé dans le Haut-Xingu à ses côtés et auprès des hommes d’affaires Robert Dardanne et Jacques Rocher pour la cérémonie indigène du Kuarup en 2016, alors que le chef Raoni annulait sa participation suite à la manipulation de Dutilleux pour tenter faire échouer le financement participatif de la Grande Assemblée de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. Il participe aujourd’hui au développement d’un « programme de financement de conservation des territoires du Xingu », pour un budget de 15 millions de dollars, dont il tient à préciser que la création du projet « Institut Xingu » de Dutilleux n’est que l’un des volets.

 

Vani Paris
En avril 1989 elle participe à la conférence de presse qui lance la tournée mondiale de Sting, Raoni et Jean-Pierre Dutilleux. Elle retrouvera ce dernier à chacun des voyages en France du chef Raoni qu’il organisera jusqu’à celui de 2019. En 2014 elle cherche à organiser un « concert du siècle » au Stade de France pour défendre l’Amazonie. Elle est accusée de s’être prévalu de personnalités sans leur accord pour un précédent événement. Utilise illégalement des support de communication de Planète Amazone (images, vidéos) pour son propre site, sans autorisation. En mai 2019, elle a participé à une conférence de presse à Cannes avec Dutilleux pour la venue du cacique Raoni au festival de cinéma, au cours de laquelle elle a annoncé que son organisation, le « Amazon Rainforest Fund », faisait un don d’un million de dollars au cacique Raoni.

 

Alexandre Bouchet
Cinéaste de documentaires et producteur co-dirigeant de Yemaya Productions. Dès 2011, il développe avec Dutilleux un projet de documentaire biographique sur le chef Raoni. En 2015, le projet est vendu à Bonne Pioche et co-produit par Arte TV sans que le chef Raoni en ait donné l’accord. En août 2016, il tente de convaincre le chef Raoni de le filmer lors de la fête funéraire de l’un de ses amis : sans succès. Suite à l’intervention d’un avocat, lui et Jean-Pierre Dutilleux sont forcés de remanier le film qui devient « Une histoire d’Amazonie », diffusé sur Arte en 2018. En mai 2019, il filme la tournée européenne du chef Raoni organisée par Dutilleux afin d’en faire un documentaire pour la télévision et monte les marches du Festival de Cannes avec son épouse, l’industriel Robert Dardanne, Jean-Pierre Dutilleux et le chef Raoni.

 

Damien Van Bellinghen
Organisateur d’une bonne partie du programme belge et luxembourgeois de la tournée de l’AFV pour le chef Raoni, son Excellence Damien Van Bellinghen, est Grand Prieur de l’ordre Militaire et Hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem pour la Belgique et le Luxembourg. Par le biais de l’Agence Crown Premium Events, dont il est l’un des dirigeants, il organise des événements hauts de gamme pour des réseaux influents tels que le Club des leaders (« personnalités du gotha et des affaires »), que le cacique Raoni a pu rencontrer par son biais.

 

Isabelle de Sadeleer
Co-organisatrice d’une partie du programme suisse de l’Association Forêt Vierge pour le cacique Raoni Metuktire (rencontres avec « sponsors », journal de 20h sur la télévision suisse), cette passionnée d’automobile (collectionneuse et cofondatrice du Gstaad Automobile Club), proche de François Fillon et David Hallyday, doit à Jean-Pierre Dutilleux, qu’elle a accompagné au Xingu pour financer les frais de son voyage, d’avoir passé du temps au village du cacique Raoni. C’était en l’an 2000. Depuis, elle est restée une intermédiaire incontournable des étapes suisses du cacique Raoni.

 

Valérie Dumeige
Directrice éditoriale chez Arthaud / Flammarion, elle publie début mai 2019 le nouveau livre de Jean-Pierre Dutilleux, « Raoni, mon dernier voyage », présenté comme « le testament » du chef Kayapo. Le 7 janvier 2019, Planète Amazone et son président, Gert-Peter Bruch, sont assignés en référé par Jean-Pierre Dutilleux devant le Tribunal de Grande Instance de Nanterre aux fins d’obtenir le retrait d’une vidéo dans laquelle le Chef Raoni dénonçait des agissements frauduleux de M. Dutilleux. En produisant une attestation certifiant que la publication du livre était fortement remise en cause à défaut de la suppression rapide de cette vidéo, Mme Dumeige témoignait dans une procédure portant atteinte à la réputation d’un auteur de sa propre maison d’édition, dans le but de laisser le champ libre à la parution de l’ouvrage d’un autre auteur (Gert-Peter Bruch a précédemment été publié par Arthaud). Un éditeur ayant l’obligation professionnelle de veiller, de bonne foi et dans un climat de confiance réciproque, à la protection du droit moral de son auteur, tout comportement de la part de l’éditeur propre à ruiner la crédibilité de l’auteur dans le public constitue un manquement à la bonne foi et, plus généralement, à la loi du contrat. Or, bien que M. Dutilleux ait été débouté et que la vidéo incriminée soit toujours en ligne, l’ouvrage a bien été publié à la date programmée.

 

Angelina Causse
Coordinatrice et responsable communication de la tournée européenne du Chef Raoni pour l’Association Forêt Vierge (qu’elle a rejoint en mars 2019), elle est, d’après sa propre présentation LinkedIn, une experte dans le conseil et la mise en œuvre de stratégies d’influence depuis plus de 15 ans, dont l’une des spécialités affichées est la préservation de la réputation du client. Parmi ses clients passés on retrouve EDF et Danone. Pour la récente tournée, elle s’occupait du pilotage des Relations presse et de l’animation des Réseaux sociaux, de la coordination des événements caritatifs, ainsi que de la gestion du plan de rencontres des personnalités politiques.



Mis a jour le 2019-10-07 11:39:58

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