DOSSIER – S.O.S. CHEF RAONI EN DANGER : LES DESSOUS D’UNE TOURNÉE SCANDALEUSE (1/2)


Comment le vieil ami controversé du célèbre chef amazonien Raoni Metuktire, organisateur de sa nouvelle tournée européenne, abuse de sa vulnérabilité et de sa confiance et quels sont les dessous de l’Institut Xingu, projet pharaonique à 15 millions € maintes fois recyclé depuis près de 20 ans.


Palais de l’Elysée, le 16 mai 2019, suite à leur rencontre avec le président Macron, de gauche à droite : Kaiulu Rodarte Kamaiurá, Jean-Pierre Dutilleux, Raoni Metuktire, Bemoro Metuktire et Tapi Yawalapiti © John Van Hasselt

Comment le vieil ami controversé du célèbre chef amazonien Raoni Metuktire, organisateur de sa nouvelle tournée européenne, abuse de sa vulnérabilité et de sa confiance et quels sont les dessous de l’Institut Xingu, projet pharaonique à 15 millions € maintes fois recyclé depuis près de 20 ans

 

Message urgent du cacique Megaron à propos de l’actuelle tournée en Europe
de son oncle, le cacique Raoni

Colider, Mato Grosso, Brésil, vendredi 17 mai 2019

 

Je suis très préoccupé par le voyage de mon oncle Raoni à travers les pays d’Europe. Sa première campagne avec Sting fut pour délimiter la terre indigène Mekragnoti et le gouvernement brésilien était au courant de la campagne et la FUNAI l’était également.

 

Ce voyage organisé par Jean Pierre [Dutilleux] est seulement pour lui-même, il ne nous a pas présenté le projet de cette campagne. Ce n’est que récemment que nous avons appris la création de l’Institut Xingu et quelles ressources seraient collectées dans le cadre de la campagne pour l’Institut Xingu. Nous nous inquiétons pour l’image et le nom du cacique Raoni. Il a plus de 80 ans et nous, ses neveux, sommes inquiets pour lui. Son petit-fils Beptuk est très inquiet pour son grand-père.

 

Voici mon message à Jean Pierre [Dutilleux]:

 

« Jean Pierre, tu n’as pas présenté chez nous la proposition de créer l’Institut Xingu, tu n’as pas expliqué quelle ressource collectée lors de la campagne irait à l’Institut Xingu et quelle ressource serait utilisée pour planter en bordure du parc indigène du Xingu. La plupart des dirigeants autochtones ne le savaient pas. Jean Pierre, les paroles du chef Raoni ne sont pas en train d’être correctement traduites. Nous voulons que tu envoies un billet d’avion pour un traducteur, soit Bepo Metuktire ou soit Patxon Metuktire. Le chef Raoni a parlé de la terre Kapot-Nhinore, ce qui n’a pas été traduit dans les médias, pour le public européen.

 

Le public doit savoir de quoi parle le chef Raoni, ce qu’il veut transmettre et ce qu’il attend des citoyens européens, quel soutien il demande aux citoyens européens. Jean-Pierre, envoie-moi un billet d’avion pour que je puisse aider mon oncle Raoni. »

 

 

En 1989, le chef Raoni et Sting voyagent autour du monde pour lever les fonds nécessaire à la démarcation d’une immense terre indigène permettant de faire la jonction avec d’autres terres déjà protégées. L’idée de cette tournée vient du cinéaste Jean-Pierre Dutilleux, qui a rencontré le cacique Raoni en 1973 et traîne déjà en cette fin des années 1980 une réputation sulfureuse de profiteur, à tel point que Sting et la Rainforest Foundation s’en séparent rapidement (Dutilleux conservera l’antenne française de la Fondation, l’Association Forêt Vierge, détachée de la maison mère depuis 1990). La Rainforest Foundation effectuera de nouvelles collectes de fonds grâce à Sting et démarquera la terre Mekragnotire en 1994. Sans doute lassé par les scandales causés par Dutilleux autour du nom de Raoni, Sting et la Rainforest Foundation décident de stopper leur collaboration avec les Kayapo, une fois leur promesse tenue. Le chanteur gardera toutefois une affection sincère pour le chef indigène.

2000 -2001: Chirac rejette le projet pharaonique « Institut Raoni » version Dutilleux

En 2000, le cacique Raoni revient en France par l’entremise de Jean-Pierre Dutilleux et son Association pour la Forêt Vierge (AFV). Sans ambition et sans projet, l’AFV avait été mise en veille au début des années 1990, jusqu’à ce que Jean-Pierre Dutilleux ait une idée : établir une structure permanente pharaonique dans l’un des territoires nouvellement démarqués du Xingu, avec notamment une école, un dispensaire, un centre de télécommunications, et surtout un centre d’hébergement pour touristes fortunés. Le cacique Raoni est reçu par le président Jacques Chirac, puis passe à la télévision aux côtés de Dutilleux. Ce dernier appelle aux dons de la part du public, mais cherche surtout à obtenir les fonds nécessaires auprès de l’Etat français et d’autres pays européens (notamment la Suisse et la Belgique).

L’année suivante, le GRET (Groupe de Recherche et d’Echange Technologique), missionné par la présidence de la république, remet son rapport sur la faisabilité du projet. Bien que Jean-Pierre Dutilleux ait imposé sa présence dans l’équipe d’experts financée par des fonds publics, le rapport de l’étude de faisabilité de l’Institut Raoni recommande d’en diminuer considérablement les ambitions initiales, appuyant notamment le fait que l’établissement de constructions permettant un mode de vie à l’occidentale au milieu de la forêt ne seraient pas viables à cause des coûts d’approvisionnement par hélicoptère. L’Etat français refuse ainsi de cautionner le projet de Jean-Pierre Dutilleux, et fait une contre-proposition quinze fois moins onéreuse, basée sur le développement de l’agriculture locale et la surveillance des territoires démarqués. Le rapport est remis au cacique Raoni en main propres en 2001 par Jacques Chirac devant les journalistes.

Le cacique Raoni reçu par le président Chirac en 2000, Jean-Pierre Dutilleux est à gauche sur la photo © Gert-Peter Bruch

 

2002, le cacique Raoni : « je vais tuer Jean-Pierre ! »

La création de « l’Instituto Raoni« , interviendra quelques mois plus tard, toujours en 2001. Jean-Pierre Dutilleux ne sera pas lié à la création de l’organisation qui est aujourd’hui toujours dirigée par le grand chef amazonien. Ce sont des partenaires néerlandais des Kayapo qui en poseront les bases, opérationnelles et administratives. Que s’est-il passé ? Dutilleux se défend d’avoir trouvé les fonds nécessaires à la réalisation du projet qu’il portait pour le cacique Raoni, arguant que tous ses soutiens potentiels se seraient désistés suite aux attentats du 11 septembre 2001. Toujours est-il que le cacique Raoni, très fâché, dépose plainte contre lui au Brésil dès 2003 afin que tous les fonds ayant été collectés par Dutilleux en son nom soient directement transmis au peuple kayapo.

En fait, Dutilleux voyant son projet pharaonique retoqué, a tenté de le recycler chez un autre peuple de la région du Xingu, le renommant au passage « Instituto Xingu« . Très en colère, le cacique Raoni déclare alors à son ami Aritana, le chef du peuple Yawalapiti, « Je vais tuer Jean-Pierre ! ». Commence alors une nouvelle traversée du désert pour Dutilleux, qui ne reverra plus le cacique Raoni pendant 7 ans.

Présentation de l’Institut Xingu en 2002

2010, Dutilleux réclame des fonds pour créer un Institut Raoni qui existe déjà depuis 9 ans !

D’autres auraient fait profil bas, mais Dutilleux ne renonce jamais. Il veut relancer le projet, qu’il appelle abusivement « le vieux rêve de Raoni ». En 2009, profitant des difficultés financières de l’Instituto Raoni au Brésil, il parvient à renouer avec le cacique Raoni et à convaincre les Kayapo de repartir en campagne en Europe avec le vieux chef. Au même moment Sting, également appelé au secours par les Kayapo, est sur le point de faire son grand retour auprès du chef. Il fait même une conférence de presse à ses côtés, 3 semaines après le retour de Dutilleux, contre le barrage de Belo Monte. Mais le cacique Raoni ayant accepté de suivre Dutilleux en Europe, Sting se retire.

Le cacique Raoni arrive une nouvelle fois en France en 2010. Son but est de lutter contre le barrage de Belo Monte et aussi de renforcer son organisation au Brésil en trouvant des fonds pour y développer de nouveaux projets ou renforcer ceux qui sont en cours. Stupéfaction lorsque Dutilleux parle à nouveau au cours de cette tournée de « créer un Institut Raoni », tandis que le cacique Raoni ne reçoit pas de traduction correcte de ses propos. Pour qui parle portugais dans l’assistance des rencontres publiques, la confusion est totale. L’Instituto Raoni existe bien, il est financé par des ONGs étrangères, et mène avec difficulté les actions nécessaires de surveillance du territoire, de développement de l’économie locale, mais aussi de plaidoyer auprès des pouvoirs publics brésiliens pour faire valoir les droits des peuples indigènes (Conservation International, EDF – Environmental Defense Fund…), devenus encore plus compliqués à faire respecter avec le développement massif de l’agro-industrie.

Mais évidemment, ce n’est pas le grand public qui doit fournir les millions. Dutilleux obtient des accords de principe de la Fondation Chirac et de la fondation du prince Albert II de Monaco, pour l’aider à trouver des bailleurs de fonds. Il demande aux deux organismes de créer un fond dédié à soutenir « la réalisation de l’Institut Raoni ». Pourtant rien ne bouge. Prudence des intéressés ?

2011, Dutilleux appâte le chef et tente de monnayer son silence sur le barrage pour financer son projet pharaonique

Qu’à cela ne tienne ! Dutilleux ramène le cacique Raoni l’année suivante, en septembre 2011, l’appâtant par des promesses de financement pour la démarcation du dernier bout de territoire encore non protégé de son peuple, Kapot-Nhinore, où reposent les corps de ses parents. Des appels au soutien financier fantaisistes sont lancés, la somme de 300 000 euros est avancée à l’emporte pièce. En réalité, Dutilleux sait très bien que l’argent ne résoudra rien, le processus de démarcation, strictement cadré au Brésil et passant par cinq étapes, étant totalement à recommencer. De plus, des fermiers ont envahi le territoire concerné. Il faudra donc passer par de très longues actions judiciaires pour espérer les voir partir. Si Dutilleux berne son monde, c’est qu’il s’est vu promettre un soutien énorme pour son projet pharaonique d’Institut Raoni par un proche d’Henri Proglio, patron de EDF (qui prépare des barrages en Amazonie brésilienne). Dutilleux veut faire coup double : il se tourne à la fois vers le ministère du développement et de la coopération, et vers le milieu des affaires.

Extrait d’un article paru dans Métro, le jour de l’arrivée du cacique Raoni en France, septembre 2011.

A son arrivée à l’aéroport Charles de Gaulle, le cacique Raoni repousse son comité de soutien venu lui remettre les 100 000 premières signatures de sa pétition contre le barrage de Belo Monte et une journaliste qui l’interroge sur le barrage. Après une folle course-poursuite, il fini par accepter de recevoir les registres de sa pétition. Le lendemain, le journal Metro titre « l’étrange silence de Raoni ». Dutilleux semble avoir temporairement convaincu le cacique et l’un de ses accompagnants, Bemoro Metuktire, de suivre son plan. Seulement il y a un problème qu’il n’avait pas prévu : l’opposition au barrage de Belo Monte a énormément grandit en France et dans le monde, suite à la diffusion sur internet, en juin 2011, d’une fameuse photo détournée du cacique Raoni pleurant de façon traditionnelle. Le succès en France de la pétition qui s’ensuit crée un mouvement gênant pour les autorités, car des entreprises à capitaux publics français participent au gigantesque ouvrage brésilien. De fait, le thème Belo Monte devient tabou pendant cette campagne présenté devant les médias comme un « voyage médical », et le cacique Raoni est empêché de s’exprimer sur le barrage par Dutilleux. C’est pourtant sa volonté de rencontrer les signataires de sa pétition et de participer à un rendez-vous à l’ONU de Genève pour dénoncer Belo Monte. Dutilleux fait tout pour empêcher le cacique d’y être présent, mais des militants parviennent à tirer Raoni et ses deux accompagnants de ses griffes. A Genève, les accompagnants du chef déclarent être « retenus en otage » par Dutilleux, depuis le début du voyage. Le ministère s’efface, les entreprises retirent leur soutien. Le projet de Dutilleux tombe une nouvelle fois à l’eau. Il est chassé par le cacique Raoni par voie de communiqué quelques mois plus tard et dénoncé dans un documentaire brésilien.

2016 – 2017 les promoteurs du carbone éloignent le cacique Raoni de Planète Amazone

Depuis 2012, Planète Amazone a porté avec dignité et respect la voix du cacique Raoni dans le monde entier, réalisé 3 tournées européennes pour lui et sa participation à de nombreux événements internationaux, dont la COP21, où a été lancée l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. En raison de son grand âge, Planète Amazone décide dès la fin 2015, de ne plus organiser de tournée pour le cacique Raoni. La dernière collaboration remonte à la tenue de la Grande Assemblée de l’Alliance à Brasília, en octobre 2017, où Planète Amazone a rassemblé 200 leaders indigènes et environnementalistes du monde entier autour de sa personne, grâce au soutien de Nicolas Hulot, Pierre Richard, Bernard Lavilliers, Paul Watson et Hugues Aufray. Suite à cela, mécontente de sa gestion et de son incapacité à protéger le cacique Raoni, Planète Amazone annonce à ses donateurs cesser toute collaboration avec l’Institut Raoni mais garder son affection et sa confiance au vieux chef. Parallèlement, l’Alliance dénonçant les crédits carbone et l’Institut Raoni étant financé par certaines institutions les soutenant, le cacique Raoni est fortement incité à s’éloigner de Planète Amazone et de son fondateur, Gert-Peter Bruch, au moment même où Dutilleux manœuvre en coulisses pour préparer son retour. Action, concertée ? Depuis, Planète Amazone est tenue à l’écart du cacique et l’Alliance n’a plus entendu parler de lui. Est-ce une simple coïncidence si l’appui principal du nouveau retour fracassant de Jean-Pierre Dutilleux, l’homme d’affaires Robert Dardanne, est « opérateur de crédit carbone » au Brésil, et aussi en Guyane, ou sa société Voltalia a construit un barrage hydroélectrique ?

Robert Dardanne, opérateur en crédits carbone et PDG de Voltalia,
société de construction de barrages hydroélectriques

2019, Dutilleux écrit l’épitaphe du chef Raoni, 88 ans, avec un livre et une tournée scandaleuse

2019, sept ans et demi plus tard, revoilà donc le cacique Raoni en France auprès de Dutilleux, pour la sixième fois. Que de manipulations et complots régulièrement dénoncés par Planète Amazone depuis 2016, dans l’indifférence, pour finalement parvenir, avec le soutien de l’ambassade de France au Brésil, à organiser ce « dernier voyage » à odeur de scandale. « Raoni, mon dernier voyage », c’est d’ailleurs le titre du nouveau livre de Dutilleux chez Flammarion, pompé à plus des deux tiers sur « Raoni, mémoires d’un chef Indien » (Le Rocher, 2010), dans lequel il mettait régulièrement dans la bouche du chef ses propres souvenirs pour se valoriser. L’éditeur, qui na pas hésité a participer à une très douteuse assignation en référé engagée par Dutilleux en son nom et en celui du cacique Raoni à l’encontre de Planète Amazone pour faire retirer d’internet une vidéo ou Raoni le dénonçait, promotionne l’ouvrage comme « Le testament de Raoni ». Dutilleux a été débouté, une fois que le procureur de la République brésilien Felicio Pontes a pu témoigner que le cacique n’avait pas connaissance de cette action judiciaire et en éprouvait de la tristesse. Ce procureur, qui a mené plus de vingt actions judiciaires contre le barrage de Belo Monte, a également rapporté l’inquiétude du cacique lorsqu’il lui a appris que le cabinet d’avocats avec lequel Dutilleux prétendait le représenter, Simmons & Simmons, défendait les intérêts de NordGold (Montagne d’Or) ou encore EDF.

De gauche à droite, Patxon Metuktire, administrateur de la FUNAI à Colider (Mato Grosso), le cacique Raoni Metuktire, le cacique Megaron Txucarramãe.
Image extraite de la vidéo du 13 février 2017, dénonçant Jean-Pierre Dutilleux

Le cacique Raoni, analphabète et vivant au fin fond de l’Amazonie privé d’une assistance juridique permanente et de conseillers à la hauteur des enjeux, a désormais environ 88 ans. Ce sont les propres récentes manipulations graves de Dutilleux à son encontre, avec la complicité du représentant Kayapo Bemoro Metuktire rêvant de lui succéder, qui ont révélé sa vulnérabilité, celle d’un homme affaibli. Dans une vidéo datée de février 2017, le petit fils du cacique, Patxon Metuktire, directeur de la FUNAI de Colider, a dénoncé Dutilleux pour « crime d’abus de faiblesse ».

Sauvetage fantaisiste de la « grande réserve du Xingu » avec des murs de bambous et la Fondation Yves Rocher

Cette tournée, pompeusement dénommée « Amazon Rainforest Europe Tour », utilise les ressorts habituels de Dutilleux. De nouveau, Raoni, toujours aussi mal conseillé et protégé par son Institut, a été appâté par une promesse de lever des fonds pour démarquer la terre de Kapot-Nhinore. Dutilleux lui avait promis qu’il voyagerait avec 3 kayapos, dont son bras droit et neveu Megaron Txucarramãe et son petit-fils Patxon, traducteur officiel et assistant juridique. Dutilleux les a écarté tous les deux à la dernière minute, les remplaçant par des jeunes d’autres peuples, inexpérimentés aux voyages internationaux et donc malléables. Au final, l’Association Forêt Vierge demande 1 million € non pas pour le territoire de Kapot-Nhinore mais pour le but très vague de « sauver la grande réserve du Xingu ». On apprend dans la presse, soi-disant de la bouche du chef Raoni lui-même (les traductions douteuses sont une récurrence des voyages organisés par Dutilleux), qu’il s’agirait de restaurer les limites des territoires indigènes de la région, recouvertes en partie par de la végétation sauvage, avec « des murs végétaux à base de bambou » ! Cette proposition farfelue, inspirée parait-il par Jacques Rocher (président d’honneur de la Fondation Yves Rocher, qui reçoit le cacique Raoni pour une conférence le 30 mai à la Gacilly) ne peut en aucun cas être considérée comme une démarcation légale de terre indigène au Brésil, en l’état actuel de la législation. La démarcation consiste à défricher tout au long d’un territoire indigène une allée continue de 6 mètres de large, parcourue de bornes avec panneaux, rappelant les textes de loi qui punissent tout éventuel intrus, point à la ligne !

Annonce de l’évènement public à la Gacilly le 30 mai 2019, organisé par la Fondation Yves Rocher

Quant à la prétendue « grande réserve du Xingu » dont parle Dutilleux elle n’a aucune reconnaissance légale et n’existe pas en tant que telle. S’il parle du Parc Indigène du Xingu, le cacique Raoni et son peuple n’y résident pas. S’il veut parler des 7 territoires indigènes distincts (Bau, Kayapo, Menkragnoti, Parana, Capoto/Jarina, Wawi, et le parc Indigène du Xingu) collés les uns aux autres à cheval sur les Etats du Mato Grosso et du Para, il a l’obligation de consulter et d’obtenir l’accord des 16 peuples qui les composent et du gouvernement brésilien, ce qu’il n’a évidemment pas fait avant de rendre public ce projet, en bon néocolonialiste qui se respecte. En omettant de le faire, Dutilleux et Forêt Vierge violent la Convention 169 de l’OIT, ratifiée par le Brésil, qui garantit aux peuples autochtones une consultation préalable, libre et éclairée.

Cette carte montre les frontières des terres indigènes constituant un ensemble continu à cheval sur les Etats du Mato Grosso et du Pará, au Brésil. Cet ensemble ne constitue pas une entité unique légalement reconnue ou communément identifiée en tant que « grande réserve du Xingu », tel qu’affirmé par l’Association Forêt Vierge. 19 peuples différents et 6 sous-groupes de Kayapo y vivent.

1 million € pour Raoni, et 15 millions € pour sortir les Indiens du jardin zoologique

Mais plus grave, derrière l’appât douteux, Dutilleux revient à la charge et cherche à lever 15 millions d’euros, c’est à dire 15 fois plus que ce qu’il promet à Raoni et à ceux qui les accompagnent, pour son sempiternel projet pharaonique, qu’il nomme de nouveau « Institut Xingu ». Dutilleux a une nouvelle fois changé sa formule de financement et ses partenaires, mais l’idée est toujours la même. Les ramifications de son réseau vont cette fois-ci jusqu’aux autorités françaises en passant par un promoteur des barrages hydroélectriques et des crédits carbones, des clubs de dirigeants d’entreprises en Suisse et au Luxembourg, la fondation Yves Rocher, et toujours la principauté de Monaco.

C’est par la séduction que Dutilleux guidera, comme toujours, le cacique Raoni vers ces divers interlocuteurs, sans garde fou, sans protection juridique appropriée et sans traduction correcte. Il pourra compter sur le soutien aveugle des fidèles, Patrick Mahé, ancien directeur de Paris Match proche de Jean-Marie Le Pen, Henri de Bontin, conseiller en fortune soutient de Nicolas Dupont-Aignan (qu’il rêve de présenter au cacique) dont le frère est un proche du Prince Albert II de Monaco et dont la soeur a déposé sans l’accord de l’intéressé la marque « Raoni » à l’INPI au profit de l’AFV, Nathalie Gaillard, galeriste et présidente de l’AFV, Alexandre Bouchet, producteur et réalisateur chez Yemaya (qui filme tous les faits et gestes du chef Raoni pendant son voyage pour un projet de télévision) ou encore le producteur Chris Breakman.

Le cacique Raoni en compagnie de l’équipe dirigeante de l’Association pour la Forêt Vierge.
De gauche à droite, Patrick Mahé, Jean-Pierre Dutilleux, le cacique Raoni,
Nathalie Gaillard (actuelle présidente), Bernard Laine.

Et, de façon tragique, Dutilleux peut compter sur le très ambitieux Bemoro Metuktire, 43 ans, représentant kayapo qui rêve depuis des années de prendre la place du cacique Raoni et n’hésite pas à manipuler sans vergogne le chef le plus respecté de son propre peuple. C’est d’ailleurs le seul accompagnant kayapo de Raoni dans ce voyage, alors que Dutilleux lui en avait garantit trois, notamment pour que le chef très âgé puisse bénéficier d’une traduction correcte et d’une protection juridique. Selon deux témoins, et pas des moindres, les kayapos n’ont appris qu’à la dernière minute que Dutilleux n’autorisait finalement que Bemoro Metuktire à accompagner Raoni dans ce voyage et qu’il ferait campagne pour un « Institut Xingu » et non pour leur Institut Raoni. Ils ont alors tout fait pour dissuader le chef de prendre l’avion mais Bemoro avait bien ferré l’appât pour Dutilleux et le cacique, dans l’espoir de ramener quelque bénéfice pour son peuple, est parti quand même, contre l’avis de tous.

Bemoro Metuktire accompagne Le cacique Raoni, serrant la main de François de Rugy, ministre de l’écologie et de la transition solidaire, le 13 mai 2019

Depuis, Bemoro contribue à faire barrage entre le cacique Raoni et toute personne pouvant menacer ses projets. Les proches du cacique qu’il n’informe pas suivent la tournée sur internet. Les trois leaders du peuple Munduruku venus lutter contre les grands barrages (à l’occasion du Congrès International de l’Hydroélectricité), présents à Paris aux mêmes dates que le cacique Raoni,  n’ont jamais reçu de retour à l’invitation à les rejoindre qu’ils lui avaient transmise par l’intermédiaire de Bemoro. Quand ils sont tombés sur lui par hasard devant la tour Eiffel, celui-ci a pris la fuite. Megaron Txucarramãe, neveu de Raoni, longtemps désigné comme son successeur, disait bien vrai lorsqu’il expliquait dans une vidéo de dénonciation que Dutilleux avait la dangereuse faculté de créer des conflits entre indigènes. Et il le fait au moment où une union sacrée est nécessaire pour faire face à la menace Bolsonaro.

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Bemoro Metuktire prenant la fuite, après être tombé nez à nez avec 3 leaders Munduruku au Trocadéro, le 15 mai 2019

L’opération actuelle aura le mérite, s’il elle réussit, de blanchir l’image du sulfureux Jean-Pierre Dutilleux, pourtant maintes fois dénoncé par le cacique Raoni et son peuple et par bien d’autres, dont nous même, qui avons eu à subir ses manipulations depuis le début de l’existence de Planète Amazone. Si cette entreprise échoue, l’image du cacique Raoni aura été durablement souillée, ce qui ne manquera pas de jeter un discrédit sur la cause tout entière. Jair Bolsonaro et tous les fossoyeurs de l’Amazonie s’en frottent déjà les mains. Dans une image d’archive que nous détenons, Dutilleux affirme que nous ne pouvons pas laisser les Indiens comme des animaux dans un jardin zoologique, ça ne vous rappelle rien ? Au moment où nous écrivons ces lignes, il promène le cacique Raoni devant les médias dans le parc animalier belge de Pairi Daiza. Ironie, quand tu nous tiens.

Lire la 2e partie du dossier

 


Pour aller plus loin

 

Dans la presse:

1- Le Monde – En Amazonie, le combat de Raoni, le dernier des Kayapo – 11 mai 2019 (texte intégral)
2- Radio Lac – Inquiétudes sur la tournée du chef Indien Raoni – 23 mai 2019
3- Le Monde – Raoni en Europe : une tournée sous influence   – 24 mai 2019 (texte intégral)
4- Nice Matin – Scandale humanitaire au Festival de Cannes? Le chèque d’un million de dollars pour le chef Raoni était-il en bois? – 30 mai 2019 (texte intégral)
5- Survival News – Raoni otage des intérêts économiques français en Amazonie ? – octobre 2011

 

Nos articles:

1- Un scandale couve sous la rencontre de Raoni avec Macron, « président des pollueurs » – 12 mai 2019
2- Vidéo accusant Planète Amazone : « Forêt Vierge » instrumentalise une nouvelle fois le cacique Raoni – 22 mai 2019

 

Pièces du dossier:

– concernant l’Institut Xingu / Raoni :
1- Présentation complète de l’Institut Raoni (2000)
2- Rapport sur la faisabilité du projet d’Institut Raoni, par le GRET (2001)
3- Présentation complète du premier projet d’Institut Xingu (2001)
4- Flyer de présentation de l’Institut Xingu (2002)
5- Présentation de l’Institut Xingu (2016)

 

– autres :
6- Certificat de dépôt de la marque « Raoni », par le cabinet Armengeaud pour le compte de l’AFV – 2010
7- Dépôt de la marque « Raoni » par l’Association pour la Foret Vierge – 2011
8- Communiqué de Planète Amazone à propos de la manipulation du cacique Raoni pour signer un communiqué – 28 juillet 2016 (télécharger au format PDF)
9- Communiqué des caciques Raoni et Megaron demandant à Jean-Pierre Dutilleux de ne plus revenir sur la terre du cacique Raoni – 12 août 2016 (télécharger au format PDF ; télécharger l’original en portugais)
10- Vidéo des caciques Raoni et Megaron, dénonçant Jean-Pierre Dutilleux – 13 février 2017
11- Deuxième partie de la vidéo sus-citée, éclairage de Patxon Metuktire, administrateur de la FUNAI – 13 février 2017
12- Communiqué de Planète Amazone concernant le référé intenté par Jean-Pierre Dutilleux afin de retirer la vidéo sus-citée – 15 février 2019
13- Communiqué de Planète Amazone annonçant que Jean-Pierre Dutilleux a été débouté pour le référé sus-cité – 16 mars 2019
14- Enregistrement audio d’une discussion entre Henri de Bontin et les chefs Raoni et Megaron à Paris (juin 2014)
15- Lettre de Karim Natouri, Directeur communication et développement durable chez Humanis (2015)

 

 

LE RÉSEAU DUTILLEUX / FORET VIERGE

 

Jean-Pierre Dutilleux
Fondateur et président d’honneur de l’Association pour la Forêt Vierge, cineaste, photographe, écrivain, dans le sillage du cacique Raoni depuis 1973. A réalisé le film « Raoni », nominé aux Oscars en 1979, et amené Sting auprès du chef Raoni… avant de l’en éloigner en raison de sa réputation sulfureuse. Plusieurs fois dénoncé et chassé par le cacique Raoni, il a effectué 6 voyages en France et Europe avec lui. Seul le premier, grâce au travail de Sting, a donné un résultat probant.

 

Nathalie Gaillard
Présidente de l’Association pour la Forêt Vierge, Galeriste, directrice de RNG Art Conseil, elle fut directrice de 1989 à 2001 de la Fondation Coprim pour la promotion de l’art contemporain, fondé et présidée par le promoteur immobilier Dominique Dutreix, condamné dans l’affaire Elf.  Ancienne compagne de Jean-Pierre Dutilleux, elle l’a connecté à un conseiller de Jacques Chirac en 2000, ce qui lui a permis d’obtenir le soutien nécessaire à un second voyage en Europe du cacique Raoni, autour d’un projet pharaonique, l’Institut Raoni, que Dutilleux a renommé plusieurs fois depuis sans jamais réussir à le réaliser.

 

Robert Dardanne
L’un des vice-présidents actuels de l’Association Forêt Vierge, est un homme d’affaires aux activités diversifiées, spécialiste de la construction de barrages hydroélectriques en Amérique du Sud et opérateur de crédits carbone (cité dans l’affaire de l’arnaque à la TVA sur les crédits carbone). De 1995 à 2003 il assure la construction puis l’exploitation de la centrale hydroélectrique de Saut Maripa en Guyane (cédée en 2003 à EDF).
Fondateur de Voltalia, Robert Dardanne est aussi le Président de FIDEXI, une société de services d’ingénierie financière, juridique et fiscale, et opère également dans le domaine des résidences médicalisées, et celui des transports et voyages. A voyagé avec Jean-Pierre Dutilleux en juillet 2016 pour tenter de rencontrer le cacique Raoni dans une cérémonie funéraire à laquelle il devait se rendre, afin d’entrer en affaire avec lui. Il accompagne Dutilleux en septembre 2018 dans le village du cacique Raoni. Les deux hommes convainquent le chef de 88 ans d’entreprendre, contre toute attente, une tournée européenne en mai 2019. Dardanne y apparaitra omniprésent, gravissant même avec Raoni et Dutilleux, les marches du Festival de Cannes.

 

Henri de Bontin
L’un des Vice-président de l’AFV, gestionnaire de patrimoine proche de l’extrême-droite française, royaliste, dont le frère est un proche du prince Albert II de Monaco. A fait enregistrer la marque « Raoni » par l’AFV avec le concours de sa famille dans le but de créer un parfum « Raoni » à travers la société Mekarfum. A participé activement à des manipulations de plusieurs représentants autochtones au Brésil, dont la leader indigène Valdelice Veron, menacée de mort, dans le but de détruire la réputation de Planète Amazone et de jeter le discrédit sur le projet de Grande Assemblée de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. En mai 2019, il présente le cacique Raoni à Nicolas Dupont-Aignan et organise la venue du chef amazonien à Lyon, où ils sont notamment reçus par Gérard Collomb.

 

Patrick Mahé
Les liens d’amitié de Dutilleux et Patrick Mahé sont ceux de deux hommes ayant fait plusieurs fois affaire ensemble. En 1989, Patrick Mahé est rédacteur en chef de Paris Match, quand l’hebdomadaire achète à Jean-Pierre Dutilleux l’exclusivité de photos de Sting et du chef Raoni. Le Monde rappelle ses liens avec l’extrême-droite française, il a surtout des liens indéfectibles avec JP Dutilleux, dont il a publié deux livres et préfacé la plupart des autres. Malgré la réputation sulfureuse de son ami belge, il l’a présenté à Jacques Rocher (Fondation Yves Rocher) et a préparé son retour médiatique de main de maître. A noter qu’il fut également président de l’Association Forêt Vierge dans les années 1990.

 

Bemoro Metuktire
Agé de 43 ans, est l’un des représentants de la branche Metuktire du peuple Kayapo. Il effectue son premier voyage en France en 2011 auprès du cacique Raoni, organisé par Jean-Pierre Dutilleux et l’Association Forêt Vierge. Il s’aligne tout d’abord sur la stratégie des organisateurs consistant à faire silence sur le barrage de Belo Monte pour obtenir des fonds de donateurs prétendument non politisé, mais se retourne ensuite contre Dutilleux. Il est inclus dans la délégation de la campagne européenne de Planète Amazone « Urgence Amazonie » en 2012, aux côtés des chefs Raoni et Megaron, mais l’association se distancie de lui lorsqu’il entre en contact  avec des donateurs à des fins personnelles. Rêvant de revenir en Europe et de pouvoir un jour prendre la « succession » du chef Raoni, il n’hésite pas à le manipuler en complotant avec Dutilleux et Bontin pendant plusieurs années pour nuire à Planète Amazone et à l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. Semblant désormais proche de l’industriel Robert Dardanne, il a dirigé une Fédération des peuples du Xingu (FEPOIMT) destinée à favoriser l’implantation de projets de compensation carbone dans les territoires indigènes de sa région. Réputé pour mal traduire le cacique Raoni, il est le seul kayapo à l’avoir accompagné pendant la tournée que l’AFV lui a organisé en mai 2019, où ils ont rencontré nombres d’autorités et hommes d’affaires européens.

 

Simmons & Simmons
En janvier 2019, c’est par le biais de ce cabinet international d’avocats d’affaires que Dutilleux assigne Planète Amazone en référé, en son nom et en celui du chef Raoni, pour demander le retrait d’internet d’une vidéo (Dutilleux sera débouté). Simmons & Simmons LLP, qui affirme sur son compte twitter développer des projets pro bono liés au chef Raoni, intervient dans la réalisation de projets miniers, d’électricité et d’énergies « renouvelables » de grande envergure en Afrique (mégabarrage Inga 3 en RDC: 4,500MW). Il protège les intérêts de la société minière de bauxite Alufer Mining en Guinée, de NordGold (projet Montagne d’Or en Guyane française), du consortium chinois China Three Gorges International Corporation (barrage des 3 gorges en Chine) de EDF et Shell (source : le site Legal 500, qui propose des services offshore dans les îles Caïman, Guernsey ou Jersey),

 

Jacques Rocher
Héritier de l’entreprise de cosmétiques Yves Rocher et maire de La Gacilly (Morbihan) comme son père, il est un soutien indéfecticle de Dutilleux. Dès 2011, il souhaite engager sa fondation dans un projet de construction de murailles de bambou autour de terres indigènes au Xingu, alors que le chef Raoni est son invité à La Gacilly. En 2016, il a accompagné Dutilleux dans le haut Xingu avec deux de ses fils. Lors de la tournée du chef Raoni de mai 2019, il reçoit à nouveau le chef pour une soirée de rencontre avec le public à sa fondation. Etrangement, le projet de murailles végétales n’y sera pas évoqué, alors qu’il est annoncé dans plusieurs médias comme étant un objectif à financer au cours de cette campagne, pour lequel l’AFV réclame un million d’euros.

 

Stéphane Voisin
Analyste financer expert en finance verte et développement durable, ainsi qu’ambassadeur des technologies de blockchain, support de la création des monnaies virtuelles (ou crypto monnaies). Associé à Dutilleux, il a voyagé dans le Haut-Xingu à ses côtés et auprès des hommes d’affaires Robert Dardanne et Jacques Rocher pour la cérémonie indigène du Kuarup en 2016, alors que le chef Raoni annulait sa participation suite à la manipulation de Dutilleux pour tenter faire échouer le financement participatif de la Grande Assemblée de l’Alliance des Gardiens de Mère Nature. Il participe aujourd’hui au développement d’un « programme de financement de conservation des territoires du Xingu », pour un budget de 15 millions de dollars, dont il tient à préciser que la création du projet « Institut Xingu » de Dutilleux n’est que l’un des volets.

 

Vani Paris
En avril 1989 elle participe à la conférence de presse qui lance la tournée mondiale de Sting, Raoni et Jean-Pierre Dutilleux. Elle retrouvera ce dernier à chacun des voyages en France du chef Raoni qu’il organisera jusqu’à celui de 2019. En 2014 elle cherche à organiser un « concert du siècle » au Stade de France pour défendre l’Amazonie. Elle est accusée de s’être prévalu de personnalités sans leur accord pour un précédent événement. Utilise illégalement des support de communication de Planète Amazone (images, vidéos) pour son propre site, sans autorisation. En mai 2019, elle a participé à une conférence de presse à Cannes avec Dutilleux pour la venue du cacique Raoni au festival de cinéma, au cours de laquelle elle a annoncé que son organisation, le « Amazon Rainforest Fund », faisait un don d’un million de dollars au cacique Raoni.

 

Alexandre Bouchet
Cinéaste de documentaires et producteur co-dirigeant de Yemaya Productions. Dès 2011, il développe avec Dutilleux un projet de documentaire biographique sur le chef Raoni. En 2015, le projet est vendu à Bonne Pioche et co-produit par Arte TV sans que le chef Raoni en ait donné l’accord. En août 2016, il tente de convaincre le chef Raoni de le filmer lors de la fête funéraire de l’un de ses amis : sans succès. Suite à l’intervention d’un avocat, lui et Jean-Pierre Dutilleux sont forcés de remanier le film qui devient « Une histoire d’Amazonie », diffusé sur Arte en 2018. En mai 2019, il filme la tournée européenne du chef Raoni organisée par Dutilleux afin d’en faire un documentaire pour la télévision et monte les marches du Festival de Cannes avec son épouse, l’industriel Robert Dardanne, Jean-Pierre Dutilleux et le chef Raoni.

 

Damien Van Bellinghen
Organisateur d’une bonne partie du programme belge et luxembourgeois de la tournée de l’AFV pour le chef Raoni, son Excellence Damien Van Bellinghen, est Grand Prieur de l’ordre Militaire et Hospitalier de Saint Lazare de Jérusalem pour la Belgique et le Luxembourg. Par le biais de l’Agence Crown Premium Events, dont il est l’un des dirigeants, il organise des événements hauts de gamme pour des réseaux influents tels que le Club des leaders (« personnalités du gotha et des affaires »), que le cacique Raoni a pu rencontrer par son biais.

 

Isabelle de Sadeleer
Co-organisatrice d’une partie du programme suisse de l’Association Forêt Vierge pour le cacique Raoni Metuktire (rencontres avec « sponsors », journal de 20h sur la télévision suisse), cette passionnée d’automobile (collectionneuse et cofondatrice du Gstaad Automobile Club), proche de François Fillon et David Hallyday, doit à Jean-Pierre Dutilleux, qu’elle a accompagné au Xingu pour financer les frais de son voyage, d’avoir passé du temps au village du cacique Raoni. C’était en l’an 2000. Depuis, elle est restée une intermédiaire incontournable des étapes suisses du cacique Raoni.

 

Valérie Dumeige
Directrice éditoriale chez Arthaud / Flammarion, elle publie début mai 2019 le nouveau livre de Jean-Pierre Dutilleux, « Raoni, mon dernier voyage », présenté comme « le testament » du chef Kayapo. Le 7 janvier 2019, Planète Amazone et son président, Gert-Peter Bruch, sont assignés en référé par Jean-Pierre Dutilleux devant le Tribunal de Grande Instance de Nanterre aux fins d’obtenir le retrait d’une vidéo dans laquelle le Chef Raoni dénonçait des agissements frauduleux de M. Dutilleux. En produisant une attestation certifiant que la publication du livre était fortement remise en cause à défaut de la suppression rapide de cette vidéo, Mme Dumeige témoignait dans une procédure portant atteinte à la réputation d’un auteur de sa propre maison d’édition, dans le but de laisser le champ libre à la parution de l’ouvrage d’un autre auteur (Gert-Peter Bruch a précédemment été publié par Arthaud). Un éditeur ayant l’obligation professionnelle de veiller, de bonne foi et dans un climat de confiance réciproque, à la protection du droit moral de son auteur, tout comportement de la part de l’éditeur propre à ruiner la crédibilité de l’auteur dans le public constitue un manquement à la bonne foi et, plus généralement, à la loi du contrat. Or, bien que M. Dutilleux ait été débouté et que la vidéo incriminée soit toujours en ligne, l’ouvrage a bien été publié à la date programmée.

 

Angelina Causse
Coordinatrice et responsable communication de la tournée européenne du Chef Raoni pour l’Association Forêt Vierge (qu’elle a rejoint en mars 2019), elle est, d’après sa propre présentation LinkedIn, une experte dans le conseil et la mise en œuvre de stratégies d’influence depuis plus de 15 ans, dont l’une des spécialités affichées est la préservation de la réputation du client. Parmi ses clients passés on retrouve EDF et Danone. Pour la récente tournée, elle s’occupait du pilotage des Relations presse et de l’animation des Réseaux sociaux, de la coordination des événements caritatifs, ainsi que de la gestion du plan de rencontres des personnalités politiques.



Mis a jour le 2019-06-12 00:31:42

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